Le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, a récemment été aperçu aux côtés de Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, duchesse de Calabre et de Palerme. Cette image, largement relayée sur les réseaux sociaux, montre les deux personnalités côte à côte va donner du grain à moudre à ceux qui croient en la théorie de treize familles qui, selon certains, dirigeraient secrètement le monde.
À 30 ans, le leader du RN cherche à incarner une droite dure, patriote, mais s’afficher aux côtés d’une duchesse, ne colle guère à l’image d’un partie qui se veut populaire.
La présence de Maria Carolina à ses côtés pourrait séduire une partie de l’électorat conservateur, catholique ou royaliste – minoritaire mais influent dans certains réseaux européens.
Il n’est pas anodin non plus de constater que certains prétendants aux trônes abolis restent des figures d’influence dans la diplomatie informelle. Le couple Bourbon-Deux-Siciles, par exemple, est souvent invité dans des événements caritatifs, des messes royales ou des réunions européennes discrètes où se croisent membres d’anciennes noblesses, cardinaux, entrepreneurs, diplomates et hommes politiques conservateurs.
Une rencontre qui valide la théorie des treize familles ?
La présence du président du RN au côté de Maria Carolina de Bourbon va sans doute donner du grain à moudre à ceux qui croient en la théorie dite « complotiste » des Treize familles de l’élite mondiale. Cette théorie, popularisée par des auteurs comme Fritz Springmeier dans les années 1990 (notamment avec son ouvrage Bloodlines of the Illuminati), liste des familles puissantes censées contrôler les grandes institutions mondiales. Springmeier évoque les familles Rothschild, Rockefeller, Astor, Bundy, DuPont, Onassis, Reynolds, Kennedy, Russell, Van Duyn, Li, Collins et Freeman, mais d’autres listes circulent aussi. Il s’agirait notamment des familles, De Medici, Farnese, Massimo, Colonna, Palavigni, Torlonia, Saxe Gotha, Rotchild, Cavendish, Windsor, Romanov, Habsburgh et Plantagenet.
Les liens entre les Bourbons et les « treize famille »
Si la maison de Bourbon n’est pas présente dans cette liste, femme entretient, à des degrés variables, des liens généalogiques directs ou indirects avec plusieurs de ces grandes familles. Ces relations relèvent presque toujours de mariages dynastiques, fréquents dans l’aristocratie européenne entre le Moyen Âge tardif et le XIXᵉ siècle.
La maison de Bourbon elle-même, branche capétienne issue des rois de France, est solidement ancrée dans les réseaux dynastiques européens, ce qui explique la multiplicité des liens.
Les Médicis ont bien été reliés aux Bourbons. Le lien le plus célèbre est le mariage de Marie de Médicis avec Henri IV, roi de France et premier Bourbon régnant. Cette union fait des Médicis des ancêtres directs de Louis XIII et donc de l’ensemble des Bourbons de France ultérieurs. Le lien est donc direct, avéré et central.
La famille Farnèse est également liée aux Bourbons, mais par l’Italie et l’Espagne. Les Farnèse, ducs de Parme, s’éteignent en ligne masculine au XVIIIᵉ siècle. Leur héritage passe aux Bourbons d’Espagne, donnant naissance à la branche des Bourbon-Parme. Le lien est dynastique et territorial, pleinement établi.
Les familles Massimo et Colonna, grandes lignées de la noblesse romaine, ont entretenu des alliances avec diverses maisons royales européennes, y compris des branches bourboniennes, notamment par des mariages secondaires au XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles. Ces liens existent mais restent indirects, sans rôle structurant dans la succession ou le pouvoir.
La famille Pallavicini (orthographe la plus courante, plutôt que Palavigni) appartient à l’aristocratie italienne et impériale. Des alliances matrimoniales avec des familles proches des Bourbons ont existé, notamment dans les États italiens et autrichiens. Là encore, il s’agit de connexions nobles périphériques, non dynastiques au sens strict.
Les Torlonia, enrichis au XIXᵉ siècle par la finance et proches du Vatican, ont contracté des mariages avec des familles princières européennes, parfois apparentées aux Bourbons. Toutefois, aucun lien direct et structurant avec la maison de Bourbon n’est attesté. Les relations sont sociales et matrimoniales, mais tardives.
La maison de Saxe-Gotha est, en revanche, clairement reliée aux Bourbons par le jeu des mariages entre familles royales aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles. Ces alliances passent notamment par les maisons d’Orléans, de Belgique et du Portugal. Le lien est indirect mais généalogiquement solide.
Concernant les Rothschild, il n’existe aucun lien de sang avec les Bourbons. Les relations sont d’ordre financier et politique, notamment au XIXᵉ siècle, lorsque les Rothschild financent plusieurs États européens, y compris des régimes dirigés par des Bourbons. Mais il n’y a pas d’alliance matrimoniale reconnue.
La famille Cavendish, grande lignée aristocratique britannique, est reliée à la monarchie anglaise et, par ce biais, indirectement aux réseaux dynastiques européens. Des liens très lointains existent avec des branches cousines des Bourbons, mais aucune filiation directe n’est établie.
La maison de Windsor, actuelle famille royale britannique, est apparentée aux Bourbons par des ancêtres communs médiévaux, notamment via les Capétiens et les rois de France. Ces liens sont réels mais très éloignés, remontant souvent au XIVᵉ ou XVe siècle.
Les Romanov, dynastie impériale russe, ont contracté plusieurs mariages avec des princesses issues de familles alliées aux Bourbons, notamment par les maisons allemandes et danoises. Il existe donc des liens indirects, mais pas de filiation bourbonienne directe.
La maison de Habsbourg est l’une des plus étroitement liées aux Bourbons. Les mariages entre Bourbons d’Espagne et Habsbourg d’Autriche ont été fréquents, parfois conflictuels politiquement, mais constants généalogiquement. Le lien est majeur, documenté et réciproque.
Enfin, les Plantagenêt, dynastie médiévale anglaise, sont reliés aux Bourbons par les grandes lignées capétiennes. Les Bourbons descendent de rois capétiens apparentés aux Plantagenêt par Aliénor d’Aquitaine et les rois d’Angleterre. Le lien est ancien mais fondamental.
Ainsi, la présence de Jordan Bardella, candidat d’extrême droite présidentiable dans l’une des principales économies mondiales au côté d’une héritière de la maison Bourbon à de quoi alimenter les rumeurs sur les treize familles. D’autant plus que lors que le président du Rassemblement national a été invité le 21 février 2024 à un déjeuner très select au Cercle de l’Union Interalliée à Paris par des membres de la Grande Loge nationale française (GLNF) comme l’avait révélé le Canard Enchainé.
En tout cas, certains se demandent déjà si Maria Carolina de Bourbon sera la « future Première Dame » comme en témoigne le tweet ci-dessous.