Alors qu’il rejetait cette idée en 2019, Emmanuel Macron a exprimé ce 16 juillet son soutien au projet de François Bayrou de supprimer deux jours fériés. Une volte-face motivée selon lui par les impératifs budgétaires et la volonté affichée d’amorcer une réforme du travail dans un contexte de fragilité gouvernementale.
En 2019, en pleine crise des Gilets jaunes, Emmanuel Macron balayait l’idée de toucher au calendrier des jours fériés. Interrogé sur cette piste souvent évoquée comme levier d’augmentation du temps de travail, le chef de l’État qualifiait cette option de « complexité absolument abyssale » et peu efficace. « Si on pouvait s’épargner ce débat, ce serait formidable », ajoutait-il à l’époque, préférant éviter un affrontement symbolique sur des dates parfois chargées de sens historique ou religieux.
Mais six ans plus tard, dans un autre contexte politique, la donne semble avoir changé. Ce mercredi 16 juillet 2025, le président de la République a finalement adoubé une proposition de son Premier ministre François Bayrou : celle de supprimer deux jours fériés pour alléger la pression sur le budget 2026. Cités à titre d’exemples, le lundi de Pâques et le 8-Mai pourraient ainsi disparaître du calendrier officiel.
C’est par la voix de la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, que le chef de l’État a salué « le courage » de son chef de gouvernement, avant de réaffirmer en personne, lors d’un déplacement à Lourdes, son soutien à cette réforme, qu’il qualifie de « stratégie solide, claire, et dont le pays a besoin ». Derrière cette réforme, se profile l’objectif assumé d’augmenter la productivité nationale dans une conjoncture économique tendue, marquée par des prévisions de croissance modestes et une majorité relative à l’Assemblée nationale.
La suppression de jours fériés, souvent évoquée mais rarement appliquée, constitue une mesure politiquement risquée. Elle interroge le rapport des Français au temps de repos, aux commémorations et à certaines traditions religieuses. Déjà en 2004, sous le gouvernement Raffarin, la transformation du lundi de Pentecôte en journée de solidarité avait suscité une large polémique.
Aujourd’hui, le soutien présidentiel à cette mesure marque une inflexion majeure dans la doctrine de l’exécutif. Reste à savoir si cette proposition pourra franchir l’obstacle parlementaire, dans un hémicycle où le gouvernement ne dispose pas d’une majorité absolue et s’expose à une éventuelle motion de censure.
Sources : BFMTV