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Albulena Haxhiu. Photo : Capture d'écran de KlanKosova.

Kosovo : le 28 avril 2026, nouvel échec pour élire un président et retour aux urnes

Le 28 avril 2026, le Kosovo a replongé dans l’impasse politique. Faute de quorum au Parlement, l’élection présidentielle n’a pas pu se tenir, ouvrant la voie à de nouvelles élections législatives. Ce blocage prolonge une crise institutionnelle entamée après les élections de février 2025.

Le 28 avril 2026 marque un nouvel épisode dans la crise politique qui secoue le Kosovo depuis plus d’un an. Réunis en session dans la soirée, les députés kosovars n’ont pas réussi à élire un nouveau président de la République dans les délais constitutionnels. À minuit, la présidente du Parlement, Albulena Haxhiu, a constaté l’échec du processus, actant de facto la fin de la législature et ouvrant la voie à l’organisation de nouvelles élections législatives dans un délai maximal de quarante-cinq jours.

Cet échec résulte directement de l’absence de quorum requis des deux tiers des députés. L’opposition a choisi de boycotter la séance, empêchant la tenue du vote, alors même qu’une majorité théorique semblait se dessiner pour désigner un nouveau chef de l’État. Cette stratégie de blocage institutionnel illustre les profondes divisions politiques qui traversent le pays.

Une crise politique qui dure depuis février 2025

Les racines de cette impasse remontent aux élections législatives de février 2025. Arrivé en tête avec 48 sièges sur 120, le mouvement Vetëvendosje!, Autodétermination en français, un parti politique kosovar de gauche fondé en 2004, du premier ministre Albin Kurti n’était pas parvenu à former une majorité stable. Face à cette paralysie, de nouvelles élections avaient été organisées en décembre 2025.

Ce second scrutin avait permis à la formation de M. Kurti de renforcer sa position avec 57 sièges, ouvrant la voie à la formation d’un gouvernement en février 2026 grâce au soutien de représentants des minorités. Malgré cette avancée, aucun compromis n’a pu être trouvé avec l’opposition pour élire un président, une étape pourtant essentielle au bon fonctionnement des institutions.

Le mandat de la présidente sortante, Vjosa Osmani, est arrivé à expiration au début du mois d’avril 2026. Depuis cette date, l’intérim est assuré par la présidente du Parlement, conformément aux dispositions constitutionnelles. Si la fonction présidentielle reste largement honorifique, elle conserve des prérogatives importantes, notamment le commandement des forces armées et la représentation du pays à l’international.

Un blocage institutionnel persistant

Dans la journée du 28 avril 2026, Albin Kurti a multiplié les appels à l’opposition pour sortir de l’impasse. Lors de plusieurs prises de parole, il a exhorté ses adversaires à « mettre fin au blocage » et à participer au processus parlementaire. « Les blocages n’aident ni les institutions ni l’État. Celui du Kosovo ne mène nulle part », a-t-il déclaré, dénonçant une situation qui fragilise durablement le fonctionnement démocratique du pays.

Ce nouvel échec intervient après une première tentative infructueuse début mars 2026. À cette époque, la dissolution du Parlement avait été envisagée, mais le décret pris en ce sens avait été annulé par la Cour constitutionnelle, qui avait accordé un délai supplémentaire aux députés pour élire un président. Ce délai a finalement expiré le 28 avril à minuit, sans résultat.

Dans ce contexte, la présidente du Parlement doit désormais engager, dès le 29 avril 2026, les consultations nécessaires à la dissolution de l’Assemblée et à la fixation d’une nouvelle date pour les législatives. Ces élections seront les troisièmes organisées en un peu plus d’un an, signe d’une instabilité politique persistante dans ce pays des Balkans de 1,6 million d’habitants.

Ancienne province serbe, le Kosovo a proclamé son indépendance en 2008. Celle-ci est reconnue par les États-Unis et une majorité de pays de l’Union européenne, mais toujours contestée par la Serbie. Dans ce contexte géopolitique déjà sensible, la crise institutionnelle actuelle ajoute une fragilité supplémentaire à un État encore en construction.

Sources :
Le Monde
– 29 avril 2026 – https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/29/le-kosovo-echoue-encore-a-elire-un-president-et-doit-organiser-de-nouvelles-elections-legislatives_6684062_3210.html
Le Parisien – 29 avril 2026 – https://www.leparisien.fr/international/le-blocage-ne-mene-nulle-part-au-kosovo-toujours-pas-de-president-de-nouvelles-elections-en-vue-29-04-2026-DKBLB6ZVP5F4LFSPE3VNDE4Y2Y.php
RTS – 29 avril 2026 – https://www.rts.ch/info/monde/2026/article/au-kosovo-le-parlement-echoue-a-nouveau-a-elire-un-president-29226023.html
Bluewin – 29 avril 2026 – https://www.bluewin.ch/fr/infos/suisse/kosovo-le-parlement-choue-encore-lire-un-pr-sident-3211107.html

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