Au World AI Film Festival (WAIFF) de Cannes 2026, Mathieu Kassovitz a fait des déclarations qui ont secoué le monde du cinéma : l’IA remplacera les acteurs humains dans deux ans, le public n’y verra que du feu, et le copyright est une notion dépassée. Un positionnement radical qui interroge sur l’avenir de la création audiovisuelle.
Kassovitz l’affirme sans détour : d’ici deux ans, les spectateurs ne seront plus capables de distinguer une performance humaine d’une performance générée par IA. Les acteurs, comme les chefs décorateurs et les directeurs de la photo, devront s’adapter, comme chaque génération a dû s’adapter aux mutations technologiques. Il l’a prouvé en chiffres : “Un projet qui aurait coûté 50 à 60 millions de dollars revient désormais à 25 millions avec l’IA.”
“Je me fous du copyright”
Sur la question des droits des artistes dont l’IA se nourrit pour apprendre, la réponse de Kassovitz est lapidaire : “Fuck copyright.” Pour lui, l’IA est fondamentalement un outil démocratisant qui permet à un créateur sans budget – un enfant à Lagos avec un ordinateur portable – de concrétiser sa vision sans avoir accès à 200 millions de dollars. Une position qui entre en collision directe avec les revendications des syndicats d’artistes et de techniciens.
Deux projets entièrement pilotés par l’IA
Kassovitz a mis en pause “God of War”, son projet d’animation, pour développer des outils IA qu’il juge supérieurs à la CGI traditionnelle. Il travaille également sur une adaptation presque entièrement IA de “La Bête est morte” d’Edmond-François Calvo.
Une fracture dans l’industrie cinématographique
Les propos de Kassovitz ont provoqué des réactions vives. Des syndicats d’acteurs et de techniciens dénoncent une vision qui ignore les enjeux sociaux : suppressions d’emplois, captation de la valeur créative sans rémunération des artistes originaux, homogénéisation esthétique. La tension entre les enthousiastes de l’IA et les professionnels inquiets est au coeur du débat au WAIFF 2026.
Kassovitz a toujours aimé les positions tranchantes. Mais sur l’IA et le cinéma, ses déclarations ont un poids particulier – elles viennent d’un réalisateur qui met concrètement sa pratique en jeu. Que l’on partage ou non sa vision, son engagement personnel force à prendre au sérieux la mutation qu’il annonce.
Source : Les Numériques
