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Marc Botenga. Photo : @GUE/NGL

Eurovision 2026 : Botenga accuse l’UE de double standard sur Israël

Eurovision 2026 et double standard : l’eurodéputé belge Marc Botenga a vivement accusé l’Union européenne d’appliquer deux poids deux mesures en maintenant la participation d’Israël au concours de l’Eurovision, alors que la Russie avait été exclue en 24 heures après l’invasion de l’Ukraine en 2022. Cinq pays ont déjà annoncé leur boycott du concours organisé à Vienne.

Marc Botenga, eurodéputé belge membre du Parti du Travail de Belgique (PTB), a pris la parole pour dénoncer ce qu’il qualifie de double standard manifeste de la part de l’Union européenne de Radiodiffusion. Son argument est simple : en 2022, l’UER avait exclu la Russie du concours en moins de 24 heures après le début de l’invasion de l’Ukraine, invoquant une “crise sans précédent” susceptible de “jeter le discrédit sur la compétition”. Or, plus de deux ans et demi de guerre à Gaza – avec un bilan dépassant 72 000 morts selon les données disponibles – n’ont pas conduit à l’application du même standard pour Israël. Une asymétrie que Botenga et de nombreux signataires de pétitions jugent impossible à justifier.

Cinq pays boycottent l’Eurovision 2026 à Vienne

La décision de l’UER de maintenir la participation d’Israël a déclenché une vague de boycotts parmi les pays membres. L’Islande, l’Irlande, les Pays-Bas, la Slovénie et l’Espagne ont annoncé leur retrait du concours cette année. Cette mobilisation inédite contraste avec la position de l’Allemagne, qui avait indiqué qu’elle se retirerait au contraire si Israël était exclu, et de la France, dont le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a confirmé la participation tout en s’opposant à tout boycott culturel d’Israël.

En Belgique, un débat qui divise jusqu’au parlement

En Belgique, plus de 170 personnalités ont signé une pétition appelant la RTBF à ne pas participer à l’Eurovision en raison de la présence d’Israël. Au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, trois résolutions ont été déposées sur le sujet, dont une demandant le retrait du candidat belge et une autre appelant au boycott d’Israël, déposée par le PTB de Marc Botenga. Ces résolutions ont été rejetées par la majorité. La Belgique a finalement confirmé sa participation.

La musique peut-elle rester “apolitique” ?

L’UER maintient que “la musique doit rester apolitique” et a réaffirmé sa volonté de laisser le concours se tenir avec des “garanties supplémentaires”. Mais cette position est de plus en plus difficile à tenir dans un contexte où l’organisation elle-même a posé un précédent politique en 2022. Pour ses détracteurs, prétendre à la neutralité culturelle tout en traitant différemment des situations comparables constitue en soi une position politique, dont les conséquences sur la crédibilité du concours pourraient s’avérer durables.

L’Eurovision 2026 à Vienne risque de se dérouler sous une ombre géopolitique épaisse. En refusant d’appliquer à Israël les mêmes critères qu’à la Russie, l’UER a ouvert une brèche que des voix de plus en plus nombreuses, des parlements aux artistes, s’engouffrent. Le concours de la chanson est devenu, malgré lui, l’un des terrains d’affrontement symboliques les plus visibles de la politique étrangère européenne.

Source : Yeni Safak

 

 

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