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Le Palais Royal. Photo : @xiquinhosilva from Cacau

Jeune Garde : le Conseil d’État confirme une dissolution jugée « nécessaire »

Le Conseil d’État valide la dissolution du groupuscule antifasciste La Jeune Garde, estimant la mesure « nécessaire et proportionnée ». En cause, des faits répétés de violences et un rôle actif dans leur incitation. Une décision lourde de sens dans un climat politique déjà sous tension.

La décision est nette et sans appel. Saisi d’un recours, le Conseil d’État a confirmé, jeudi 30 avril, la dissolution de La Jeune Garde, un groupuscule antifasciste fondé en 2018 par Raphaël Arnault. La plus haute juridiction administrative française estime que cette mesure, prise en juin 2025 par le gouvernement, est « adaptée, nécessaire et proportionnée à la gravité des atteintes portées à l’ordre public ».

Dans son argumentaire, le Conseil d’État pointe des comportements jugés particulièrement préoccupants. Il souligne que La Jeune Garde « a mené et incité à commettre des agissements violents », évoquant des actions de confrontation directe et d’exclusion physique dans l’espace public. Ces dérives ne se limiteraient pas aux actes de ses membres, mais s’étendraient également à ses soutiens numériques, notamment via des comptes sur les réseaux sociaux dont les contenus n’ont jamais été condamnés par le groupement.

L’institution relève en outre que, malgré les contestations formulées par le mouvement, ses membres étaient fréquemment à l’initiative de violences lors de rassemblements ou d’affrontements. Une absence de désaveu clair de ces pratiques a pesé lourd dans l’analyse juridique, confortant l’idée d’une responsabilité structurelle de l’organisation.

La dissolution, annoncée en juin 2025 par le ministre de l’intérieur de l’époque, Bruno Retailleau, reposait sur une série d’incidents survenus notamment à Strasbourg, Paris et Lyon. Le gouvernement accusait alors le groupe de provoquer et d’entretenir un climat de violence, allant jusqu’à organiser des entraînements au « combat de rue » pour ses membres. Un vocabulaire jugé radical, visant explicitement des groupes adverses, en particulier issus de l’extrême droite, avait également été mis en avant.

Au-delà des faits reprochés, cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de tensions politiques et de violences entre mouvances antagonistes. La Jeune Garde s’est retrouvée au cœur de la controverse après la mort, en février 2026, du militant d’extrême droite Quentin Deranque. Plusieurs suspects dans cette affaire sont en effet présentés comme proches du mouvement, ravivant les interrogations sur son rôle réel et son influence.

Dans le prolongement de cette dissolution, une enquête a été ouverte pour suspicion de reconstitution du groupuscule, à la suite d’un signalement du ministère de l’intérieur.

Sources :
Le Monde – Le Conseil d’Etat confirme la dissolution du groupuscule antifasciste la Jeune Garde – https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/04/30/le-conseil-d-etat-confirme-la-dissolution-du-groupuscule-antifasciste-la-jeune-garde-mis-en-cause-dans-la-mort-du-militant-d-extreme-droite-quentin-deranque_6684601_823448.html

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