Les tensions entre Washington et Téhéran connaissent une nouvelle escalade. Quelques jours seulement après la signature d’un protocole d’accord destiné à apaiser la situation au Moyen-Orient, l’Iran accuse les États-Unis d’avoir violé leurs engagements. Dans le même temps, un pétrolier a été touché dans le détroit stratégique d’Ormuz, ravivant les inquiétudes sur la sécurité maritime dans la région.
La fragile accalmie instaurée entre les États-Unis et l’Iran semble déjà compromise. Samedi 27 juin, les autorités iraniennes ont accusé Washington d’avoir enfreint le protocole d’accord conclu à la mi-juin, après des frappes américaines menées sur le territoire iranien.
Dans un communiqué, la diplomatie iranienne a estimé que ces opérations constituaient une violation manifeste de la Charte des Nations unies ainsi qu’un non-respect direct du protocole signé récemment entre les deux pays. Téhéran considère ces frappes comme une remise en cause majeure des engagements pris dans le cadre des discussions destinées à mettre un terme aux hostilités régionales.
Cette montée des tensions intervient alors qu’un pétrolier naviguant dans le détroit d’Ormuz a été touché par un projectile dont l’origine n’a pas été identifiée. Selon l’agence maritime britannique UKMTO, le navire a subi des dégâts au niveau de sa passerelle, sans faire de victimes parmi l’équipage ni provoquer de pollution maritime. D’après la société spécialisée Vanguard Tech, le bâtiment concerné serait le KIKU, battant pavillon panaméen.
Parallèlement, les gardiens de la révolution, force militaire idéologique de la République islamique, ont annoncé avoir mené des frappes contre des positions américaines dans la région du Golfe. Ces opérations ont été présentées comme une riposte directe aux attaques américaines intervenues la veille.
De son côté, l’armée américaine affirme avoir ciblé plusieurs sites iraniens en réponse à une attaque imputée à Téhéran contre un cargo commercial ayant récemment traversé le détroit d’Ormuz. Washington considère cette action comme une violation du cessez-le-feu en vigueur.
Sur le terrain, la situation demeure particulièrement tendue. Les médias d’État iraniens ont rapporté une explosion ainsi qu’un impact de projectile sur un quai situé dans la ville portuaire de Sirik, dans le sud du pays. Des tirs d’avertissement auraient également été effectués à l’encontre de navires considérés par les autorités iraniennes comme ne respectant pas les règles de navigation établies dans le détroit.
Malgré ces incidents, le trafic maritime se poursuit dans cette voie stratégique par laquelle transite une part importante du commerce mondial d’hydrocarbures. Selon les données du cabinet spécialisé Kpler, 29 navires commerciaux ont traversé le détroit vendredi. Plusieurs bâtiments auraient toutefois emprunté des routes non validées par Téhéran, alors même que les autorités iraniennes avaient averti qu’elles ne garantiraient pas la sécurité des navires s’écartant des itinéraires définis.
Ces nouveaux échanges de frappes interviennent alors que les deux pays venaient d’entamer une période de soixante jours de négociations destinée à parvenir à un accord définitif. Une séquence diplomatique désormais fragilisée par la reprise des affrontements.
Sources :
Le Monde avec AFP – lien