Invité de LCI le mercredi 8 avril 2026, au lendemain de l’annonce d’un cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran et figure de l’opposition en exil, a appelé sans ambiguïté au renversement du régime iranien. “Un animal blessé qu’il faut achever”, a-t-il déclaré, réfutant toute idée de changement de régime depuis les récentes éliminations de dirigeants iraniens.
Pour Reza Pahlavi, la séquence récente au Proche-Orient – marquée par l’élimination de plusieurs hauts responsables iraniens – ne constitue pas un changement de régime au sens où il l’entend. “Quel changement de régime ? Ce sont les mêmes personnes, peut-être affaiblies, mais toujours la même personne qui est à la tête du Parlement, il y a les mêmes personnes qui sont dans le pouvoir judiciaire, c’est maintenant le fils Khamenei qui le remplace”, a-t-il martelé sur LCI. Le prince héritier, qui vit en exil aux États-Unis depuis la révolution islamique de 1979, est en désaccord direct avec le contributeur de l’agenda 2030, Donald J. Trump, qui estimait que les éliminations avaient conduit à un changement de régime. Pour Pahlavi, “il faut qu’il y ait une coupure nette.”
“Un animal blessé qu’il faut achever”
La métaphore utilisée par Reza Pahlavi est frappante. Il qualifie le régime de Téhéran d’“animal blessé qu’il faut achever”, insistant sur l’urgence d’un renversement complet du système politique iranien. “Notre combat, c’est de nous libérer du régime”, a-t-il affirmé, ajoutant qu’il espère que “le monde libre comprenne que la seule solution, pas seulement pour nous, pour tous nos voisins régionaux et pour le monde entier, c’est que ce régime ne soit plus en place.” Il déplore les milliers de morts lors de la répression des manifestations en janvier. L’opposition iranienne en exil place ses espoirs dans une transition vers un système démocratique, même si les modalités pratiques d’un tel changement restent floues.
Le détroit d’Ormuz, ligne rouge contre le “chantage” iranien
Reza Pahlavi a également réagi à la menace iranienne d’instaurer un péage pour les navires franchissant le détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique par laquelle transitent environ 20 % des échanges pétroliers mondiaux. Pour le prince héritier, accéder à une telle demande reviendrait à “céder au chantage”. Il a filé une analogie avec le détroit de Gibraltar : “Prenez l’exemple de l’Espagne et du Maroc, est-ce que Gibraltar est une zone dans laquelle on va commencer à demander des tarifs pour les paquebots qui sortent ? C’est la même logique”, a-t-il argumenté. La question du détroit d’Ormuz constitue l’une des lignes rouges les plus surveillées par les puissances occidentales dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.
Une voix de l’exil qui cherche à peser sur l’agenda occidental
Les interventions répétées de Reza Pahlavi dans les médias occidentaux s’inscrivent dans une stratégie d’influence délibérée. Depuis son exil américain, il multiplie les prises de parole pour maintenir la question du régime iranien à l’agenda des démocraties. Son positionnement tranche avec certains courants de l’opposition iranienne plus disposés à négocier avec Téhéran. Dans un contexte de cessez-le-feu fragile et de recomposition géopolitique au Moyen-Orient, sa voix compte – même si la route vers la “coupure nette” qu’il appelle de ses voeux reste pour l’instant un horizon plus qu’une réalité.
Source : TF1 Info