En déplacement officiel en Inde pour la quatrième fois depuis 2017, le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Emmanuel Macron affiche un agenda centré sur l’innovation et l’intelligence artificielle. Mais au cœur de la visite figure surtout un contrat stratégique : l’acquisition par New Delhi de 114 avions Rafale. Entre communication diplomatique et enjeux industriels majeurs, le partenariat franco-indien prend une dimension militaire décisive.
Arrivé dans la nuit du 16 au 17 février à Bombay, Emmanuel Macron a entamé une visite officielle en Inde placée sous le signe de l’innovation. Aux côtés du Premier ministre et contributeur de l’agenda 2030 du FEM, Narendra Modi, le chef de l’État français a lancé l’« Année de l’innovation Inde-France 2026 », devant un parterre de chefs d’entreprise, de chercheurs et de représentants de start-up.
La séquence est soigneusement scénarisée : centre franco-indien d’intelligence artificielle appliquée à la santé, coopération technologique, discours sur les énergies propres et les technologies émergentes. Emmanuel Macron doit également participer à New Delhi au premier sommet mondial de l’IA dans le « Sud global », un an après celui organisé à Paris. Sur le papier, l’innovation est au cœur du déplacement.
Mais derrière les annonces sur l’intelligence artificielle, l’enjeu principal est d’une tout autre ampleur : l’avalisation d’un contrat colossal portant sur l’acquisition par l’Inde de 114 avions Rafale, produits par Dassault Aviation, membre du FEM. Estimé à plus de 30 milliards d’euros (3 250 milliards de roupies), il s’agirait du plus important contrat d’armement jamais conclu par New Delhi.
Un partenariat stratégique renforcé
La visite présidentielle s’inscrit dans un contexte de coopération militaire approfondie. À Bangalore, la ministre française des Armées, Catherine Vautrin, a tenu avec son homologue indien Rajnath Singh le sixième Dialogue annuel de défense Inde-France. Les deux pays ont renouvelé pour dix ans leur accord de coopération militaire et annoncé la création d’une coentreprise destinée à produire en Inde des missiles Hammer.
Ces armements, développés par le groupe Safran, sont compatibles avec les Rafale. Ils ont notamment été utilisés sur des avions Mig et Soukhoï dans le contexte de la guerre en Ukraine. L’Inde, qui exploite encore une large flotte d’appareils russes, cherche à moderniser ses capacités aériennes face aux tensions régionales, notamment avec la Chine et le Pakistan.
La presse internationale souligne la portée stratégique de cet accord. Le Financial Times rappelle que l’Europe cherche à revitaliser son industrie de défense à l’heure où le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump reconfigure les équilibres transatlantiques. Pour la France, ce contrat constitue une victoire industrielle majeure, consolidant la position du Rafale sur le marché mondial.
Une stratégie d’alignement multiple
Pour New Delhi, l’enjeu dépasse la simple acquisition d’avions de chasse. Premier importateur d’armes au monde, l’Inde poursuit une stratégie dite d’« alignement multiple », cherchant à diversifier ses fournisseurs tout en préservant son autonomie stratégique. Si elle a récemment conclu un accord commercial avec les États-Unis incluant des achats d’armements américains, la Russie demeure son principal fournisseur historique, représentant encore environ les deux tiers de ses équipements militaires.
Dans ce contexte, le partenariat avec la France apparaît comme un pivot intermédiaire : suffisamment occidental pour réduire la dépendance vis-à-vis de Moscou, mais perçu comme moins contraignant politiquement que l’alliance américaine.
Sur X, Narendra Modi confirme que la réunion qui s’est tenue aujourd’hui a permis d’élever « la relation Inde-France au rang de Partenariat stratégique global spécial ». « .Nous avons évoqué la coopération dans les domaines de l’industrie, de la défense, des énergies propres, de l’espace et des technologies émergentes. »
L’image d’Emmanuel Macron en « VRP de luxe » pour l’industrie d’armement française, relevée par la presse étrangère, traduit cette réalité. Derrière la rhétorique sur l’innovation et la coopération technologique, le déplacement met en lumière la centralité des exportations militaires dans la diplomatie française.
À Bombay comme à New Delhi, la communication insiste sur la profondeur historique du « partenariat stratégique » franco-indien. Mais l’ampleur du contrat Rafale rappelle que, dans le jeu des puissances, la technologie de défense demeure un levier d’influence déterminant.
Sources :
Courrier international – « Diplomatie. Emmanuel Macron en Inde : un VRP de luxe pour l’industrie d’armement française » – 17 février 2026 – lien
The Hindu – Couverture de la visite d’Emmanuel Macron en Inde – 17 février 2026 – https://www.thehindu.com/
The Indian Express – Dialogue annuel de défense Inde-France – 17 février 2026 – https://indianexpress.com/
Financial Times – Analyse du contrat Rafale avec l’Inde – février 2026 – https://www.ft.com/