Après l’incendie meurtrier du bar Le Constellation à Crans-Montana, qui a coûté la vie à quarante personnes dont six ressortissants italiens, Rome hausse le ton. Le gouvernement italien conditionne le retour de son ambassadeur en Suisse à la création immédiate d’une équipe d’enquête conjointe, afin d’établir les responsabilités sans délai.
La crise diplomatique s’intensifie entre Rome et Berne après le drame survenu dans la station suisse de Crans-Montana. Le gouvernement italien a exigé, lundi 26 janvier, la mise en place d’une enquête judiciaire conjointe avec la Suisse sur l’incendie du bar Le Constellation, survenu dans la nuit du Nouvel An et qui a fait quarante morts, dont six jeunes Italiens.
Tant que cette condition ne sera pas remplie, l’Italie maintiendra son ambassadeur rappelé à Rome. Ce dernier avait été rappelé samedi en signe de protestation après la libération sous caution du propriétaire français de l’établissement, Jacques Moretti, une décision judiciaire qui a provoqué l’indignation des familles des victimes et des autorités italiennes.
La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a reçu lundi l’ambassadeur italien Lorenzo Cornado. À l’issue de cet entretien, le gouvernement a confirmé dans un communiqué que le retour du diplomate en Suisse était désormais subordonné à une coopération judiciaire formalisée entre les deux États, incluant la création « immédiate » d’une équipe d’enquête conjointe. Objectif affiché : déterminer « sans plus tarder » les responsabilités dans ce que Rome qualifie de « massacre de Crans-Montana ».
Le drame, qui a principalement touché des adolescents et de jeunes adultes, s’est produit dans le sous-sol du bar Le Constellation. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’incendie aurait été provoqué par des étincelles de bougies scintillantes, utilisées lors des célébrations du Nouvel An, qui ont enflammé une mousse insonorisante au plafond. Le feu s’est propagé extrêmement rapidement, piégeant de nombreuses personnes à l’intérieur de l’établissement.
Dès le début du mois de janvier, Giorgia Meloni avait annoncé l’ouverture d’une enquête parallèle par le parquet de Rome, marquant la volonté de l’Italie de suivre de près les investigations. Samedi, la cheffe du gouvernement avait exprimé la « vive indignation » de l’Italie après la remise en liberté sous caution du propriétaire du bar, estimant que cette décision envoyait un signal inacceptable au regard de la gravité des faits.
En Suisse, l’enquête devra également faire la lumière sur les éventuelles défaillances administratives. La commune de Crans-Montana a reconnu ne pas avoir effectué de contrôles de sécurité et incendie dans l’établissement depuis 2019, un aveu qui alimente les interrogations sur les responsabilités des autorités locales. Les propriétaires du bar, les époux Moretti, font l’objet d’une instruction pénale pour « homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence » et ont été entendus par la justice du canton du Valais.
Sources :
Le Monde avec AFP – 26 janvier 2026 – lien