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Incendie à Crans-Montana : le passé judiciaire du patron du Constellation refait surface

Après l’incendie meurtrier survenu dans la nuit de la Saint-Sylvestre à Crans-Montana, l’attention se porte désormais sur les gérants du bar Le Constellation. Si aucune responsabilité pénale n’est établie à ce stade, le lourd passé judiciaire de son propriétaire, Jacques Moretti, intrigue les enquêteurs et ravive les débats dans la station valaisanne endeuillée.

Le drame de Crans-Montana continue de soulever de nombreuses interrogations. Dans la nuit du 31 décembre, un incendie ravageait le bar Le Constellation, causant la mort d’au moins quarante personnes et faisant cent dix-neuf blessés, dont une majorité en urgence absolue. Alors que l’enquête se poursuit pour déterminer les causes exactes du sinistre, le passé judiciaire du gérant de l’établissement ressurgit et alimente les discussions, sans pour autant constituer, à ce stade, un élément de culpabilité.

Les gérants du Constellation ont été entendus le vendredi 2 janvier par les autorités suisses en tant que « personnes utiles à l’enquête ». Tous deux de nationalité française, ils ont confié à la presse traverser une période de profonde détresse. « Nous ne pouvons ni manger ni dormir. Nous allons tous très mal », ont-ils déclaré, assurant coopérer pleinement avec les enquêteurs et leurs avocats pour faire toute la lumière sur les circonstances du drame.

Les premières vérifications techniques n’ont pour l’instant révélé aucune anomalie administrative. L’établissement avait fait l’objet de trois contrôles au cours des dix dernières années, tous concluants. Selon les rapports disponibles, le bar était officiellement aux normes en vigueur, ce qui renforce le mystère autour d’un incendie d’une telle ampleur dans une station réputée pour ses standards de sécurité.

C’est dans ce contexte que le parcours de Jacques Moretti, propriétaire du Constellation, retient l’attention. Originaire de Ghisonaccia, en Haute-Corse, cet homme aujourd’hui sexagénaire n’est pas inconnu de la justice française. Pendant plus de trente ans, il a été impliqué dans des affaires de proxénétisme, avant de purger une lourde peine de prison en Savoie pour escroquerie, enlèvement et séquestration. À sa sortie de détention, il quitte la France pour s’installer en Suisse, où il entame une nouvelle vie à Crans-Montana.

C’est là qu’il rencontre son épouse, Jessica, originaire de Nice, avec laquelle il ouvre Le Constellation. Ensemble, le couple développe plusieurs établissements dans la région, faisant du bar un lieu très fréquenté par la jeunesse de la station. Selon leur entourage, Jacques Moretti se serait depuis longtemps éloigné de la criminalité organisée, se consacrant exclusivement à ses activités commerciales.

Sur le plan judiciaire, aucun lien n’est pour l’heure établi entre ce passé et l’incendie. L’instruction ouverte pour « incendie par négligence » et « homicide par négligence » n’a retenu aucune responsabilité pénale contre le couple. Entendus librement, ils demeurent libres de leurs mouvements et ont été autorisés à regagner leur résidence sur la Côte d’Azur.

À Crans-Montana, la figure de Jacques Moretti divise. Certains habitants évoquent une réputation sulfureuse, quand d’autres décrivent un homme affable, respectueux et travailleur. Même son village d’origine, en Corse, livre un portrait plus nuancé, son maire parlant d’un homme sérieux et investi. Entre rumeurs persistantes et témoignages contradictoires, l’image du gérant reste contrastée, à la mesure de l’émotion et des tensions suscitées par l’un des pires drames qu’ait connus la station.

Sources : Le Parisien, Bastion, Officielles

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