Le 28 avril 2026, Google a officialisé un accord stratégique avec le ministère de la défense américain. Malgré une mobilisation interne remontant au 27 avril, son modèle Gemini pourra être utilisé dans des opérations classifiées. Cette décision s’inscrit dans une recomposition accélérée des partenariats entre géants de l’IA et armée américaine.
Le 28 avril 2026 marque un tournant dans les relations entre la Silicon Valley et l’appareil militaire américain. Ce jour-là, Google a annoncé la signature d’un accord avec le Pentagone autorisant l’utilisation de son modèle d’intelligence artificielle générative Gemini dans des opérations classifiées. Une évolution significative dans un contexte où les technologies d’IA deviennent des outils stratégiques pour les puissances militaires.
Cette décision intervient après une série de bouleversements amorcés le 28 février 2026, date à laquelle l’administration Trump a acté la rupture des contrats entre le ministère de la défense et la start-up Anthropic. Jusqu’alors, son modèle Claude était le seul habilité à intervenir sur des missions sensibles. La contestation judiciaire engagée dans la foulée par l’entreprise n’a pas empêché le Pentagone de réorganiser rapidement ses partenariats.
Dans ce laps de temps, OpenAI a été sollicité pour intégrer ses modèles aux opérations classifiées, un processus amorcé en mars 2026 mais encore en cours de déploiement. L’entrée de Google, officialisée le 28 avril, accélère cette transition et marque une diversification assumée des fournisseurs technologiques.
Une contestation interne le 27 avril 2026
La veille de l’annonce, le 27 avril 2026, plus de 600 salariés de Google avaient pourtant tenté de faire infléchir la direction. Dans une lettre adressée aux dirigeants du groupe, ils demandaient l’abandon du projet, pointant les risques liés à l’utilisation militaire de l’intelligence artificielle.
Les signataires alertaient notamment sur l’impossibilité de garantir que ces technologies ne soient pas employées à des fins contraires aux libertés individuelles. L’un des employés évoquait ainsi la crainte de voir ces outils contribuer à des actions menées « loin des regards », dans des contextes où les mécanismes de contrôle restent limités.
Cette mobilisation rappelle un précédent marquant : en 2018, Google avait renoncé à participer au projet Maven après une contestation interne d’ampleur. Ce programme, lancé par le Pentagone, visait à utiliser l’intelligence artificielle pour analyser des images captées par des drones militaires.
Une nouvelle doctrine technologique au Pentagone
Depuis la rupture du 28 février 2026 avec Anthropic, le Pentagone a engagé une stratégie de diversification. Selon plusieurs médias américains, la start-up xAI fondée par Elon Musk a également conclu un accord avec le ministère de la défense.
Dans le même temps, les nouvelles conventions signées avec Google, OpenAI et xAI offrent un cadre d’utilisation plus large que celui appliqué auparavant. En juillet 2025, Google, Anthropic, Grok et OpenAI signaient un contrat pouvant atteindre 200 millions de dollars avec le département de la Défense, afin d’accélérer l’intégration de l’intelligence artificielle dans les usages militaires. Anthropic a ensuite dénoncé explicitement certaines applications comme la surveillance de masse de la population civile ou les opérations létales.
Le 28 avril 2026, Cameron Stanley, responsable de l’intelligence artificielle au Pentagone, a justifié cette orientation en soulignant la nécessité de ne pas dépendre d’un seul prestataire. Cette doctrine traduit une évolution profonde : l’intelligence artificielle devient un enjeu stratégique majeur, au croisement des intérêts militaires, industriels et politiques.
Sources :
Le Monde – 29 avril 2026 – https://www.lemonde.fr/pixels/article/2026/04/29/ia-google-signe-un-accord-qui-permet-au-pentagone-d-utiliser-gemini-pour-des-operations-classifiees_6684064_4408996.html
Numerama – 29 avril 2026 – https://www.numerama.com/tech/2242253-toute-finalite-gouvernementale-legale-google-sallie-au-pentagone-pour-lutilisation-militaire-de-son-ia.html
