Une croisière au large du Cap-Vert s’est transformée en crise sanitaire sous surveillance internationale. L’Organisation mondiale de la santé évoque une possible transmission interhumaine du hantavirus, tandis qu’un désaccord émerge avec l’Espagne sur l’accueil du navire.
L’alerte est prise très au sérieux par les autorités sanitaires internationales. L’Organisation mondiale de la santé a annoncé le 5 mai soupçonner une transmission interhumaine de hantavirus à bord du MV Hondius, actuellement immobilisé au large du Cap-Vert. À ce stade, sept cas ont été recensés, dont deux confirmés en laboratoire et trois décès.
Selon Maria Van Kerkhove, directrice par intérim de la prévention des épidémies à l’OMS, la durée d’incubation du virus ( comprise entre une et six semaines ) laisse penser que les contaminations initiales auraient eu lieu avant l’embarquement. Toutefois, une transmission entre personnes en contact étroit reste envisagée, un scénario rare mais documenté pour certaines formes spécifiques du virus, notamment celles identifiées en Amérique du Sud.
L’organisation membre du Forum économique mondial se veut néanmoins rassurante : le risque pour la population générale demeure faible, loin des dynamiques de propagation observées lors de la pandémie de COVID-19. Les hantavirus, transmis habituellement par des rongeurs, ne se diffusent pas aussi facilement entre humains, ce qui limite, pour l’heure, le risque d’une crise sanitaire globale.
Un cas particulièrement préoccupant a attiré l’attention des autorités. Une passagère néerlandaise de 69 ans, évacuée depuis l’île de Sainte-Hélène vers Johannesburg, est décédée après avoir développé des symptômes graves. Son infection n’a été confirmée que plusieurs jours après sa mort. L’OMS a depuis lancé une opération de traçage pour identifier les passagers du vol concerné, illustrant la vigilance accrue face à toute chaîne potentielle de contamination.
Dans le même temps, une incertitude persiste quant au devenir du navire. L’OMS a indiqué que l’Espagne était disposée à autoriser l’accostage aux îles Canaries afin de procéder à des évaluations sanitaires approfondies. Une déclaration rapidement nuancée par les autorités espagnoles, qui affirment qu’aucune décision ne sera prise sans analyse complète des données épidémiologiques.
Ce flou institutionnel traduit la complexité de la situation. Entre impératifs sanitaires, gestion des risques et coordination internationale, l’escale du Hondius reste suspendue à des arbitrages encore en cours. Sur les ondes locales, le vice-président des Canaries, Manuel Dominguez, a même suggéré qu’un accueil sur le territoire continental serait préférable, afin de mobiliser davantage de ressources médicales.
À bord, la situation reste sous haute surveillance. Le navire, qui reliait Ushuaïa au Cap-Vert, ne compte plus que 147 personnes. Les premiers symptômes remontent au début du mois d’avril, lorsqu’un passager néerlandais a développé fièvre et troubles digestifs avant de succomber rapidement. Depuis, les cas se sont multipliés, alimentant les inquiétudes autour d’une éventuelle chaîne de transmission encore mal comprise.
Sources :
Le Monde – 5 mai 2026 – lien
OMS – 5 mai 2026 – https://www.who.int/
