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Agnès Buzyn. Photo : @Amélie Tsaag Valren

Hantavirus : Buzyn alerte sur la létalité et invoque la mémoire du Covid sur LCI

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Invitée de LCI lundi 11 mai, l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn a alerté sur la nécessité de prendre la situation liée à l’hantavirus au sérieux, tout en soulignant que le virus reste bien moins contagieux que le Covid. Elle a rappelé une réalité médicale souvent sous-estimée : lorsque l’on est infecté, le risque de décès atteint entre un tiers et 50 %.

Agnès Buzyn, ancienne ministre de la Santé sous le gouvernement Philippe jusqu’en 2020, était aux premières loges lors de l’émergence du Covid-19. Sur LCI, elle a expliqué pourquoi la réaction institutionnelle face à l’hantavirus est plus rigoureuse que celle qui avait prévalu au début de la pandémie de Covid. « Nous avons maintenant la mémoire vive du Covid, alors qu’en 2020, la mémoire collective était plutôt celle de la grippe H1N1, qui avait été beaucoup moins sévère que prévu. Et donc nous avions tendance à minimiser. Aujourd’hui, tout le monde sait que ça peut dégénérer. »

Cette formule résume une transformation profonde des réflexes de gestion sanitaire en France depuis 2020. Le protocole mis en oeuvre autour des passagers du MV Hondius – isolement, hospitalisation préventive, suivi rigoureux des 22 cas contacts – illustre cette nouvelle posture de précaution systématique.

Un virus moins contagieux, mais d’une létalité bien supérieure au Covid

L’ancienne ministre a insisté sur la distinction fondamentale entre contagiosité et dangerosité. « Ce qui crée l’inquiétude, c’est que, certes, c’est un virus qui semble nettement moins contagieux que le Covid, heureusement, mais qu’on ne connaît pas tout, notamment de savoir s’il peut y avoir des gens contagieux qui n’ont pas de symptômes. »

Sur le plan de la létalité, le constat est particulièrement sévère : « Le Covid, c’était 1 % de mortalité. Là, quand on est malade, on a quasiment un tiers à 50 % de risque de mourir. » Ce chiffre, qui désigne le taux de létalité – c’est-à-dire la mortalité parmi les personnes effectivement infectées et diagnostiquées – doit être replacé dans le contexte d’une transmission interhumaine très limitée, absente dans les formes classiques de l’hantavirus.

Une Française sous poumon artificiel, la pression médiatique ne faiblit pas

En parallèle de cette intervention, des informations relayées par TF1 Info indiquaient qu’une ressortissante française contaminée se trouvait sous poumon artificiel – ce que les médecins désignent comme la « forme la plus sévère » de la maladie. La pression médiatique autour de cette situation reste forte : selon un sondage LCI, un Français sur deux se disait inquiet face à l’hantavirus au moment de la publication de l’article.

La ministre de la Santé Stéphanie Rist avait indiqué que le gouvernement gérait la situation avec le protocole « le plus exigeant possible ». Agnès Buzyn, bien qu’en dehors des responsabilités ministérielles, apporte par son témoignage une continuité entre la gestion du Covid et l’approche actuelle, ancrant la vigilance sanitaire dans une logique de précaution institutionnelle durable.

En quelques jours, l’hantavirus a mis à l’épreuve la capacité de la France à communiquer clairement sur un risque sanitaire limité mais à létalité élevée. L’expérience du Covid semble avoir changé le logiciel : mieux vaut aujourd’hui surestimer la menace que la minimiser, quitte à déminer l’inquiétude publique après coup.


Source : TF1 Info — https://www.tf1info.fr/sante/hantavirus-nous-avons-la-memoire-vive-du-covid-aujourd-hui-tout-le-monde-sait-que-ca-peut-degenerer-estime-agnes-buzyn-sur-lci-2441095.html


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