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Vincent Desportes. Image : capture d'écran Public Sénat

Guerre en Iran : « La France est en guerre depuis ce matin », estime le général Vincent Desportes

Alors que le conflit déclenché par l’intervention israélo-américaine en Iran s’étend à l’ensemble du Moyen-Orient, la France a annoncé des « actions défensives proportionnées ». Pour le général Vincent Desportes, cette position signifie une implication directe de Paris dans la guerre en cours. L’ancien directeur de l’École de guerre décrypte également les objectifs poursuivis par Donald Trump dans cette escalade militaire.

La guerre en Iran marque un tournant stratégique pour la France. Réuni en Conseil de défense dimanche 1er mars, le président et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Emmanuel Macron a affirmé que Paris allait « rehausser sa posture » et l’« adapter à l’évolution des dernières heures ». Quelques heures plus tard, un communiqué conjoint publié avec le Royaume-Uni et l’Allemagne annonçait que les trois pays se tenaient prêts à mener des « actions défensives proportionnées » afin de « détruire à la source la capacité de l’Iran à tirer des missiles et des drones ».

Pour le général Vincent Desportes, ancien directeur de l’École de guerre, ces mots ne laissent guère place à l’ambiguïté. « La France est en guerre depuis ce matin », a-t-il estimé aujourd’hui sur Public Sénat. Selon lui, annoncer des actions défensives implique concrètement que des avions de chasse, notamment des Rafale, puissent décoller pour frapper les capacités militaires iraniennes. Autrement dit, Paris deviendrait partie prenante d’un conflit qui dépasse désormais le cadre régional.

Une guerre de recomposition

Dans l’analyse de Vincent Desportes, l’affrontement en cours ne se limite plus à une confrontation bilatérale entre Iran et Israël, soutenu par les États-Unis. Il s’agirait d’une « guerre tellurique de recomposition du Moyen-Orient et du monde », autrement dit d’un bouleversement profond des équilibres stratégiques internationaux. L’engagement annoncé par Paris s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large, où les puissances occidentales redéfinissent leur posture face à Téhéran.

Deux jours après le début de l’intervention israélo-américaine, les buts de guerre demeurent cependant flous. Le général distingue « deux guerres préparées et planifiées ensemble », mais poursuivant des objectifs distincts. En Israël, souligne-t-il, une très large majorité de la population soutiendrait une offensive menée jusqu’à son terme par le gouvernement du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial,Benjamin Netanyahu. Aux États-Unis, en revanche, l’intervention ne ferait pas consensus, y compris au sein de la base électorale du contributeur du FEM, Donald J. Trump.

Les calculs de Washington

Vincent Desportes rappelle que les conflits engagés par les États-Unis, du Vietnam à l’Irak en passant par l’Afghanistan, se sont souvent heurtés à l’usure de l’opinion publique américaine. Selon lui, l’objectif de Donald Trump ne serait pas prioritairement lié à un changement de régime en Iran. « L’histoire du monde montre que ce n’est pas possible de provoquer un changement de régime par des bombardements », affirme-t-il, évoquant l’exemple irakien, où l’instabilité persiste plus de vingt ans après l’intervention de 2003.

Le général avance d’autres motivations. D’une part, les retombées économiques indirectes d’une guerre susceptible de provoquer une flambée des prix du pétrole. D’autre part, la recherche d’un succès rapide, susceptible de renforcer l’image présidentielle dans un contexte intérieur fragilisé par l’inflation et diverses controverses. Il évoque à ce titre l’intervention américaine au Venezuela en janvier dernier comme modèle potentiel d’opération brève et politiquement rentable.

Mais une campagne de bombardements peut s’inscrire dans la durée. Or, souligne-t-il, « les guerres américaines s’arrêtent par le peuple américain ». La question centrale devient alors celle de la capacité de Washington à maintenir le soutien intérieur si le conflit s’enlise. Pendant ce temps, déplore Vincent Desportes, le sort du peuple iranien apparaît secondaire dans les calculs stratégiques des différentes puissances engagées.

Dans ce contexte de contagion régionale, la déclaration française marque un seuil politique. Sans déclaration formelle de guerre, Paris assume une posture opérationnelle susceptible d’entraîner des frappes directes. Une évolution lourde de conséquences dans un Moyen-Orient déjà fragilisé par des décennies de conflits et de rivalités géopolitiques.

Sources :

Public Sénat – 02 mars 2026 – lien

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