Le Sénat a réintroduit, dimanche 23 novembre, l’obligation de vaccination antigrippale pour les soignants exerçant à titre libéral, alors que seuls 21 % d’entre eux sont aujourd’hui vaccinés selon la ministre de la Santé Stéphanie Rist. Une mesure sensible, supprimée par l’Assemblée nationale mais relancée par les sénateurs au nom de la protection des patients.
Dans le cadre de l’examen du budget de la Sécurité sociale pour 2026, les sénateurs ont ravivé un débat que l’Assemblée nationale avait tranché quelques jours plus tôt. Par un vote à main levée, le Sénat a approuvé le retour de l’obligation vaccinale contre la grippe pour les professionnels de santé exerçant à titre libéral. Cette obligation, conditionnée à une recommandation de la Haute Autorité de santé (HAS), s’inscrit dans un contexte de couverture vaccinale particulièrement faible : seuls 21 % des soignants sont aujourd’hui immunisés, a rappelé la ministre de la Santé Stéphanie Rist.
Dans sa version initiale, le texte prévoyait également de rendre la vaccination obligatoire pour les résidents des Ehpad, mais les sénateurs ont supprimé cette disposition à travers un amendement défendu par la rapporteure générale LR Corinne Imbert. Celle-ci a souligné que le taux de couverture des résidents atteignait déjà 83 %, tout en rappelant les enjeux éthiques liés au consentement, notamment pour des personnes souffrant de troubles cognitifs. Elle a également fait valoir qu’aucune sanction concrète ne pouvait s’appliquer en cas de refus, un argument qui a fini de convaincre la majorité sénatoriale.
La ministre de la Santé a exprimé un avis défavorable à cette suppression, estimant que les chiffres nationaux masquent des disparités importantes entre les établissements. Mais les sénateurs ont estimé que l’urgence portait avant tout sur les professionnels libéraux, dont la faible vaccination constitue un risque majeur pour les patients les plus vulnérables.
À l’Assemblée, l’article avait été rejeté sous l’impulsion d’une alliance entre la droite souverainiste RN-UDR et La France insoumise. Les premiers avaient invoqué la “liberté vaccinale”, tandis que les députés insoumis s’inquiétaient du sort des résidents refusant la vaccination. Au Sénat, la majorité de droite a pris la direction opposée, rappelant l’impact de la dernière épidémie de grippe : 17 000 décès en 2024, un choc sanitaire qui avait fortement désorganisé les hôpitaux.
La HAS doit rendre au printemps prochain un avis déterminant sur l’opportunité d’instaurer une obligation vaccinale plus large en 2026 pour les soignants hospitaliers et du secteur médico-social. D’ici là, le bras de fer politique pourrait se poursuivre lors du retour du texte à l’Assemblée, dans un climat où la vaccination et son consentement restent un sujet sensible.