Le gouvernement français est sous pression après la récente cyberattaque majeure ayant touché l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS). Mercredi 30 avril 2026, plusieurs ministres ont pris la parole pour évoquer cette fuite de données sensibles.
De nombreuses administrations et plateformes gouvernementales ont été la cible d’attaques ces derniers mois, exposant des données personnelles de millions de Français (identité, permis de conduire, cartes grises, etc.).
Dans une intervention relayée par BFMTV, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a indiqué que le portail de l’ANTS avait rouvert depuis la veille, tout en reconnaissant qu’il subsistait « encore quelques difficultés ».
De son côté, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dressé un constat alarmant. Il a qualifié la situation d’« assez grave », allant jusqu’à comparer les cyberattaques répétées à « un casse du siècle qui a lieu tous les mois ».
Vers une « vraie autorité numérique de l’État » ?
Face à la multiplication des cybermenaces, Sébastien Lecornu a plaidé pour la création d’« une vraie autorité numérique de l’État », qui serait « standardisée ».
L’objectif principal est de fusionner la Direction du Numérique (DNUM) qui a pour mission d’élaborer la stratégie numérique de l’État et la direction interministérielle de la Transformation publique (DITP) qui assure la mise en œuvre du programme de transformation publique pour créer une véritable autorité numérique centrale, directement rattachée au Premier ministre. Cette structure aurait pour mission de standardiser les infrastructures numériques, aujourd’hui jugées trop dispersées et désorganisées.
Le premier ministre a décri un système actuel comparable à un “jardin à l’anglaise” : riche en initiatives mais manquant de cohérence globale, ce qui devient un risque, notamment en matière de cybersécurité et de réactivité. Les disparités entre ministères sont également pointées, certains seraient mieux armés que d’autres face aux enjeux numériques.
La réforme viseeait donc à remettre de l’ordre, mais aussi à renforcer les moyens. Une enveloppe de 200 millions d’euros doit être débloquée rapidement, issue du programme France 2030, afin de financer des investissements stratégiques.
