Lors du déplacement officiel d’Emmanuel Macro à Libreville en novembre 2025, une altercation entre les services de sécurité gabonais et français a conduit à la blessure d’une chargée de communication de l’Élysée. Révélée plusieurs mois plus tard, l’affaire soulève des interrogations sur le silence des autorités et du média Brut, pourtant directement impliqué.
L’incident se produit à la sortie de l’inauguration de l’Institut français du Gabon, en présence du président gabonais Brice Oligui Nguema. Selon les éléments révélés par Le Canard enchaîné, aujourd’hui, un journaliste de la branche africaine de Brut pose alors une question jugée sensible.
La réaction est immédiate. Des membres de la sécurité gabonaise interviennent brutalement, provoquant une bousculade avec les équipes de protection du président français. Dans la confusion, une collaboratrice de l’Élysée est projetée au sol et se fracture un bras.
Un silence prolongé
Au-delà de l’incident, c’est l’absence de communication qui interroge. Ni l’Élysée, ni les autorités gabonaises, ni le média Brut n’ont évoqué publiquement les faits dans les semaines qui ont suivi.
Le journaliste concerné a minimisé l’événement, évoquant un simple malentendu autour de sa question. Mais la gravité de la blessure subie par la chargée de communication laisse penser à une situation bien plus tendue.
Selon Rémy Buisine, journaliste de Brut interogé par le Canard Enchainé mais qui n’était pas présent sur place, son confrère aurait également craint pour sa sécurité, ce qui pourrait expliquer la discrétion du média après l’incident.
Une tension révélatrice
Cet épisode met en lumière les conditions parfois sensibles dans lesquelles s’exerce le journalisme lors de déplacements officiels, en particulier dans des contextes politiques fragiles.
La visite d’Emmanuel Macron au Gabon intervenait dans un pays dirigé par Brice Oligui Nguema, arrivé au pouvoir après le coup d’État d’août 2023. Dans ce cadre, les équilibres diplomatiques peuvent peser sur la liberté d’informer et sur la manière dont certains incidents sont traités ou passés sous silence.
Une affaire encore opaque
Cinq mois après les faits, les circonstances exactes de l’altercation restent floues. Le manque de transparence des différentes parties impliquées alimente les interrogations, notamment sur les relations entre pouvoir politique, sécurité et médias lors de ces déplacements.
À ce stade, Le Canard enchaîné demeure le seul média à avoir rendu public cet incident, relançant le débat sur l’indépendance de l’information en contexte diplomatique sensible.
