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Le quartier général de la police métropolitaine à Londres. Photo : @ Matt Brown

Royaume-Uni : la police de Londres impose à ses agents de déclarer leur appartenance à la franc-maçonnerie

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La décision de la Metropolitan Police d’imposer à ses agents la déclaration de toute appartenance à la franc-maçonnerie provoque une onde de choc au Royaume-Uni. Contestée en justice par les obédiences maçonniques, cette mesure, défendue avec fermeté par le commissaire Mark Rowley, relance un débat ancien sur l’influence des réseaux maçonniques au sein des forces de l’ordre et sur la confiance du public envers la police.

Depuis décembre, les policiers londoniens doivent signaler à leur hiérarchie toute appartenance actuelle ou passée à une organisation hiérarchique fondée sur des liens de loyauté mutuelle, dont la franc-maçonnerie. Les principales obédiences britanniques, dont la Grande Loge Unie d’Angleterre, ont saisi le 24 décembre, soir du réveillon de Noël, la Haute Cour pour obtenir une injonction d’urgence visant à suspendre cette règle.

Elles dénoncent une discrimination religieuse, arguant que la franc-maçonnerie exige une croyance religieuse et relève donc d’une caractéristique protégée par le droit des droits humains. Elles accusent également la police de Londres de « faire la loi en direct » et d’alimenter des soupçons complotistes infondés.

Le poids du rapport Daniel Morgan dans la décision policière

La Metropolitan Police fonde sa démarche sur les recommandations d’un rapport indépendant publié en 2021, consacré aux dysfonctionnements de la police britannique après l’assassinat non élucidé du détective privé Daniel Morgan.

Ce rapport soulignait que l’appartenance de policiers à la franc-maçonnerie constituait une « source récurrente de suspicion et de méfiance », même en l’absence de preuves pénales établies, et recommandait explicitement une obligation de transparence.

L’enquête avait notamment relevé que plusieurs policiers impliqués dans les investigations sur ce meurtre étaient francs-maçons, tout en précisant qu’aucun élément n’avait démontré l’utilisation avérée de réseaux maçonniques à des fins de corruption.

Une réponse officielle très ferme de la police de Londres

Face aux contestations des franc-maçons et à la médiatisation massive de l’affaire, la Metropolitan Police a publié le 29 décembre 2025 un communiqué au ton inhabituellement ferme. Elle y affirme que deux tiers des policiers et employés interrogés soutiennent la mesure, estimant qu’elle est nécessaire pour préserver l’impartialité perçue de la police.

Selon la police, la transparence est indispensable pour garantir aux victimes que les enquêtes sont menées sans conflits d’intérêts cachés, et aux agents lanceurs d’alerte que leurs signalements seront traités de manière objective, sans interférences liées à des loyautés secrètes. « Nous devons donner la priorité au maintien d’une confiance essentielle plutôt qu’à la volonté de toute organisation de préserver ses secrets », conclut le communiqué.

L’ampleur de la controverse dépasse largement les cercles policiers et juridiques. Le message publié par la police londonienne sur les réseaux sociaux a été vu plus de 13 millions de fois en 24 heures, illustrant l’intérêt et la sensibilité du sujet au sein de l’opinion publique britannique. Au moment où nous écrivons ces quelques lignes le communiqué avait été lu près de 20 millions de fois.

Sources :

The Guardian, BBC.

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