La cathédrale de Strasbourg, monument emblématique de la ville, avait été plongée dans l’obscurité à partir de 23h ces derniers jours, provoquant une vive controverse. Face à la montée de l’indignation, la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian, a finalement décidé de rétablir l’illumination aux horaires habituels. Cette décision intervient après des critiques acerbes de la part de l’opposition municipale et des citoyens.
Le symbole de la ville de Strasbourg, la cathédrale, sera de nouveau éclairé aux horaires habituels, a annoncé Jeanne Barseghian sur les réseaux sociaux ce dimanche 20 octobre.
La Cathédrale Notre Dame de Strasbourg est le monument emblématique de notre ville auquel les Strasbourgeoises et Strasbourgeois, et au-delà, sont particulièrement attachées. pic.twitter.com/aRe4QOEJ83
— Jeanne Barseghian (@JeanneBarsegh) October 20, 2024
Nous allons remédier au plus vite à cet incident technique pour rétablir l'illumination habituelle de la cathédrale, telle que définie depuis l'été 2022.
— Jeanne Barseghian (@JeanneBarsegh) October 20, 2024
Alors que l’extinction anticipée des lumières, avait suscité la colère des habitants, la maire a décidé de réagir en rétablissant l’éclairage. Les images de la cathédrale plongée dans le noir avaient fait le tour des médias, alimentant les débats sur la gestion de l’éclairage public, mais surtout sur la portée symbolique de cette extinction.
Une victoire pour l’opposition et les citoyens
Jean-Philippe Vetter, président LR du groupe d’opposition municipale, n’a pas tardé à réagir à ce revirement, se félicitant de cette décision, mais regrettant le manque de courage politique de la maire de Strasbourg. “En politique, on a le droit de se tromper, mais pas de fuir ses propres responsabilités”, a déclaré Vetter, soulignant que Barseghian invoque un “incident technique” alors que Pierre Ozenne, adjoint à la mairie en charge de l’éclairage public, avait initialement justifié cette décision par une politique de sobriété énergétique.
La #Cathédrale de #Strasbourg va à nouveau être illuminée la nuit. C’est une victoire collective. @JeanneBarsegh va remédier à ce qu’elle appelle, avec pudeur, un « incident technique »…
— Jean-Philippe Vetter (@JPVETTER) October 20, 2024
En politique, on a le droit de se tromper, mais pas de fuir ses propres responsabilités. pic.twitter.com/UwrFsXsKMM
Vendredi, Vetter avait également critiqué le fait que la municipalité écologiste n’ai pas hésité “à éteindre la Cathédrale dès 23h, mais pas les publicités vidéos lumineuses de JCDecaux”.
#Strasbourg, @EELV n’hésitent pas à éteindre la #Cathédrale dès 23h, mais pas les publicités vidéos lumineuses de JCDecaux.
— Jean-Philippe Vetter (@JPVETTER) October 18, 2024
Le respect de la biodiversité et de la vie des animaux nocturnes pèsent manifestement moins lourd que les ressources budgétaires générées par la publicité pic.twitter.com/8al2hZmulz
Un débat sur la sobriété énergétique
Ainsi, l’extinction de la cathédrale s’inscrivait dans une volonté de réduire la consommation d’énergie, une démarche qui a suscité des débats dans de nombreuses villes françaises, mais il semble que la maire de Strasbourg, soit revenue en arrière, face au tollé suscité. À Strasbourg, cette décision a rencontré une vive opposition, en raison de la place centrale de la cathédrale dans l’identité de la ville. Si la sobriété énergétique est une priorité pour de nombreuses municipalités, le choix de priver de lumière un tel monument historique a ravivé les tensions politiques locales.
La polémique autour de l’extinction de la cathédrale de Strasbourg témoigne des enjeux complexes liés à la gestion des ressources énergétiques dans les villes, mais également l’attachement des Français à certaines traditions.