You are currently viewing Euro numérique : le Parlement européen soutient la BCE et son projet d’euro numérique
Christine Lagarde. Image : @Belgian Presidency of the Council of the European Union / Julien Nizet

Euro numérique : le Parlement européen soutient la BCE et son projet d’euro numérique

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:EUROPE
  • Commentaires de la publication :0 commentaire

Les eurodéputés ont apporté un soutien décisif au projet d’euro numérique porté par la Banque centrale européenne. L’objectif affiché : réduire la dépendance aux réseaux de paiement américains et renforcer la souveraineté monétaire de l’Union. Un calendrier prévoit un déploiement à l’horizon 2029.

L’euro numérique franchit une étape politique majeure. Le Parlement européen a adopté, mardi 10 février, deux amendements approuvant le principe de cette monnaie électronique souveraine pilotée par la Banque centrale européenne. Avec 438 voix pour et 158 contre sur l’un des textes, le soutien est net.

L’ambition affichée est de réduire la dépendance structurelle de l’Union européenne vis-à-vis des réseaux de paiement américains Visa et Mastercard, membres du Forum économique mondial qui traitent aujourd’hui l’immense majorité des transactions par carte sur le continent. Pour les eurodéputés favorables au projet, l’enjeu dépasse la simple modernisation technologique : il s’agit d’un impératif stratégique.

Dans le texte adopté, les parlementaires estiment que « l’introduction d’un euro numérique est essentielle pour renforcer la souveraineté monétaire de l’UE, réduire la fragmentation des moyens de paiement et soutenir l’intégrité et la résilience du marché unique ». La question serait donc autant géopolitique que financière.

Une monnaie électronique publique

Le projet, lancé par la BCE, vise à créer une version numérique de la monnaie unique, complémentaire aux espèces. Cette nouvelle forme d’euro serait utilisable en ligne, en magasin ou entre particuliers, sans frais supplémentaires pour les utilisateurs.

Devant les députés à Strasbourg, la présidente de la BCE et contributrice de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Christine Lagarde, a insisté sur les garanties en matière de confidentialité. Selon elle, la BCE n’aura pas accès aux données privées des utilisateurs. Des mécanismes d’anonymisation seraient prévus pour les transactions de faible montant, afin de se rapprocher du niveau de discrétion offert par l’argent liquide.

La BCE met en avant plusieurs avantages : universalité dans la zone euro, interopérabilité des paiements instantanés entre particuliers et renforcement de l’autonomie stratégique européenne. L’euro numérique permettrait, selon l’institution, d’éviter « une dépendance excessive à des fournisseurs étrangers pour des systèmes essentiels au bon fonctionnement de l’économie ».

Inquiétudes du secteur bancaire

Le projet ne fait cependant pas l’unanimité. Les banques traditionnelles redoutent une fuite des dépôts vers des comptes directement adossés à la BCE, jugés plus sûrs en période d’instabilité financière. Une telle évolution pourrait modifier l’équilibre du financement bancaire.

Sur le plan technique, le chantier est considérable. Les terminaux de paiement devront être adaptés, tout comme les infrastructures informatiques des entreprises. Les directions financières devront anticiper l’intégration de ce nouveau canal dans leurs systèmes transactionnels.

Un calendrier à moyen terme

Le Conseil européen présidé par le contributeur du FEM, António Costa a déjà validé les grandes orientations du projet. Si le cadre législatif est adopté d’ici la fin de l’année, une phase pilote pourrait débuter en 2027. La mise en circulation officielle est envisagée pour 2029.

Pour les acteurs économiques, l’enjeu est double : se préparer à une transformation structurelle des paiements et évaluer l’impact potentiel sur les coûts de transaction, notamment transfrontaliers. L’euro numérique, s’il voit le jour dans les délais annoncés, pourrait redessiner en profondeur l’architecture des paiements en Europe.

Sources :

ZDnet, AFP, Déclarations de la BCE et de Christine Lagarde au Parlement européen

Laisser un commentaire