Un juge fédéral américain a ordonné à l’administration Trump de suspendre l’examen des appareils électroniques saisis au domicile d’une journaliste du Washington Post. Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions autour de la liberté de la presse aux États-Unis, alors que l’enquête porte sur des fuites liées à la sécurité nationale.
Mercredi 21 janvier, un juge fédéral a décidé d’interdire provisoirement à l’administration du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump d’examiner plusieurs appareils électroniques saisis quelques jours plus tôt chez une journaliste du Washington Post. La décision, rendue par le juge William Porter, précise que les autorités doivent conserver les objets saisis sans en analyser le contenu tant que la cour n’aura pas statué sur la légalité de la perquisition.
La perquisition a visé le domicile de Hannah Natanson, journaliste couvrant les réformes de l’administration fédérale américaine. Selon le quotidien, un téléphone, deux ordinateurs portables ainsi qu’une montre connectée de marque Garmin ont été saisis par les forces de l’ordre. L’enquête s’inscrit dans un dossier sensible lié à des soupçons de fuites d’informations relevant de la sécurité nationale.
Si les investigations menées par le FBI pour identifier des sources de fuites auprès de journalistes ne sont pas inédites, la direction du Washington Post a dénoncé une méthode jugée « très inhabituelle et agressive ». Une perquisition au domicile d’un journaliste constitue, selon le journal, un précédent préoccupant pour l’exercice du journalisme d’enquête aux États-Unis, d’autant plus dans le contexte du second mandat de Donald Trump.
Dans un communiqué, le quotidien américain a demandé à la justice la restitution immédiate de l’ensemble des appareils et l’interdiction de toute utilisation de leur contenu. Il estime qu’une décision contraire risquerait de banaliser les perquisitions visant les rédactions et d’instaurer une forme de censure par voie judiciaire. La journaliste concernée n’aurait, selon les agents, pas été la cible principale de l’enquête, laquelle viserait Aurelio Perez-Lugones, administrateur système accusé d’avoir consulté et emporté des documents classifiés du renseignement.
Cette affaire intervient alors que plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse alertent sur une dégradation du climat pour les médias aux États-Unis depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, renforçant les inquiétudes autour de la protection des sources journalistiques et de l’indépendance des rédactions.
Sources :
Le Monde – 22 janvier 2026 – lien