La tension est montée d’un cran entre Elon Musk et le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez également contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial. En réaction à l’annonce de nouvelles mesures visant à encadrer strictement les réseaux sociaux, le patron de X a violemment pris à partie le dirigeant socialiste, l’accusant de trahir le peuple espagnol.
Le message, publié mardi sur X, n’a laissé place à aucune ambiguïté. Dans un ton particulièrement virulent, Elon Musk a qualifié Pedro Sanchez de « malhonnête », allant jusqu’à le décrire comme un « tyran et traître au peuple d’Espagne ». Une sortie qui illustre la crispation croissante entre les dirigeants des grandes plateformes et les responsables politiques européens désireux de renforcer la régulation des plateformes, accusés dans le même temps par les défenseurs des libertés de mettre en place un système de censure sous prétexte de lutter contre les messages haineux, les fausses informations ou la protection des mineurs.
Cette réaction intervient quelques heures après les déclarations du Premier ministre espagnol, en déplacement à Dubaï, où il a présenté un ensemble de mesures destinées à lutter contre « la manipulation et l’amplification des contenus illégaux » en ligne. Parmi les annonces les plus marquantes figure la volonté d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 16 ans, une décision assumée par l’exécutif comme un moyen de protection face à un univers numérique jugé nocif.
Pedro Sanchez a justifié cette orientation en dressant un constat sévère de l’environnement numérique contemporain. Selon lui, les enfants évoluent aujourd’hui dans un espace « d’addiction, d’abus, de pornographie, de manipulation et de violence », un monde pour lequel ils n’ont ni les outils ni la maturité nécessaires. Le chef du gouvernement a insisté sur la responsabilité des pouvoirs publics à encadrer un secteur devenu central dans la construction sociale et psychologique des plus jeunes.
Au-delà de la question de l’âge, l’exécutif espagnol souhaite également revoir le cadre juridique applicable aux plateformes. Les lois en vigueur devraient être modifiées afin de rendre les dirigeants légalement responsables d’un certain nombre d’infractions commises sur leurs sites. Une perspective qui heurte frontalement la vision défendue par Elon Musk, fervent partisan de la liberté d’expression et critique régulier des régulations européennes.