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Portrait officiel de Jessika Roswall. Photo : @UE

Directive européenne sur les eaux usées : l’offensive des lobbys cosmétique et pharmaceutique s’intensifie

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La bataille autour de la directive européenne sur les eaux usées entre dans une phase critique. Les industries de la cosmétique et du médicament, via leurs puissants lobbys Cosmetics Europe et Efpia, ont engagé une offensive tous azimuts pour tenter de freiner un texte qui menace directement leur modèle économique.

Au cœur des tensions : un coût estimé à 1,8 milliard d’euros par an à partir de 2029 pour ces secteurs, dans le cadre du principe du “pollueur-payeur”.

Une réforme environnementale stratégique

Portée par la commissaire européenne à l’environnement et contributrice de l’agenda 2030, Jessika Roswall l, la directive vise à renforcer le traitement des micropolluants présents dans les eaux usées, notamment les résidus de médicaments et de produits cosmétiques.

Présentée comme une avancée majeure pour la santé publique et la protection des écosystèmes, cette réforme impose aux industriels de financer une partie significative des infrastructures nécessaires à l’épuration. L’OMS, agence onusienne membre du Forum économique mondial alerte depuis quelques années sur la menace que représente le développement de superbactéries et pointe les antibiotiques que l’on retrouve dans les eaux usées comme principal facteur aggravant.

Lors de son intervention devant le Parlement européen le 25 mars 2026, Jessika Roswall a réaffirmé la nécessité d’agir face à la pollution chimique diffuse, devenue un enjeu sanitaire et environnemental de premier plan.

Cosmetics Europe et Efpia en première ligne

Face à ces nouvelles contraintes, les organisations représentatives des industriels ont intensifié leur lobbying à Bruxelles.

Leurs arguments principaux : un impact économique jugé disproportionné, un risque pour la compétitivité européenne et des menaces sur l’innovation dans les secteurs pharmaceutique et cosmétique

Cosmetics Europe, qui représente les grandes marques du secteur, et l’Efpia (Fédération européenne des industries et associations pharmaceutiques) plaident pour un assouplissement du texte ou un partage plus large des coûts. À noter que l’Efpia est l’un des principaux clientes de Silreal, un cabinet de conseil membre du Forum économique mondial.

Le soutien politique du PPE

Les lobbys bénéficient d’un relais politique de poids : le Parti populaire européen (PPE), principal groupe au Parlement européen.

Certains élus conservateurs dénoncent une réglementation “excessive” qui pourrait fragiliser l’industrie européenne face à la concurrence internationale, notamment américaine et asiatique.

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