Au lendemain de la désignation de Mojtaba Khamenei comme nouveau Guide suprême de l’Iran, la Chine appelle à la désescalade. Pékin s’oppose ouvertement à toute action militaire visant le dirigeant iranien, alors qu’Israël et Donald Trump ont déjà formulé des menaces. Derrière la position chinoise se dessinent aussi d’importants enjeux énergétiques et diplomatiques.
La succession au sommet du pouvoir iranien provoque déjà des remous sur la scène internationale. Au lendemain de la nomination de Mojtaba Khamenei comme Guide suprême de la République islamique, la Chine du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Xi Jinping a pris position contre toute action militaire visant le nouveau dirigeant iranien.
Interrogé lors d’un point presse à Pékin, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a affirmé que son pays s’opposait à toute ingérence extérieure dans les affaires iraniennes. « La Chine s’oppose à toute ingérence dans les affaires intérieures d’autres pays, sous quelque prétexte que ce soit, et la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale de l’Iran doivent être respectées », a-t-il déclaré.
La réaction chinoise intervient dans un contexte de tensions particulièrement élevées. Mojtaba Khamenei a été désigné dimanche 8 mars par l’Assemblée des experts pour succéder à son père, l’ayatollah Ali Khamenei, tué au premier jour de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran.
Des menaces américaines et israéliennes
Avant même cette désignation officielle, Israël avait averti que tout successeur de l’ancien Guide suprême serait considéré comme « une cible ». Une déclaration lourde de sens qui traduit la poursuite de la confrontation stratégique entre l’État hébreu et la République islamique.
Du côté américain, le président américain et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump a lui aussi adopté un ton particulièrement direct. Dans une déclaration récente, il a estimé que le nouveau Guide suprême « ne tiendra pas longtemps » sans son aval, accentuant encore la pression diplomatique et politique sur Téhéran.
Face à cette situation explosive, Pékin insiste sur la nécessité d’une désescalade immédiate. Les autorités chinoises ont appelé les différentes parties à « cesser immédiatement les opérations militaires », à reprendre le dialogue et à relancer des négociations afin d’éviter un embrasement régional.
Pour la diplomatie chinoise, la nomination de Mojtaba Khamenei relève avant tout d’une décision souveraine de l’Iran. « Il s’agit d’une décision prise par la partie iranienne conformément à sa Constitution », a précisé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
L’enjeu stratégique du pétrole iranien
Derrière cette prise de position se cache également un enjeu économique majeur. Avant le déclenchement de la guerre, plus de 80 % des exportations de pétrole iranien étaient destinées à la Chine, selon les données de la société d’analyse énergétique Kpler, membre du FEM.
En 2025, le pétrole iranien représentait ainsi environ 13 % des importations chinoises de brut. Une dépendance énergétique qui explique en partie la prudence de Pékin face à une escalade militaire susceptible de perturber les flux pétroliers dans la région.
La Chine surveille également de près la situation dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial du pétrole. Plus de la moitié du brut importé par voie maritime par la Chine provient du Moyen-Orient et transite majoritairement par ce corridor maritime.
Pour autant, plusieurs experts jugent peu probable que Pékin entre dans une confrontation directe avec Washington pour défendre Téhéran. Cette prudence s’explique notamment par le contexte diplomatique : une possible visite de Donald Trump en Chine est évoquée pour la fin mars ou le début avril.
Une médiation diplomatique en cours
Face au risque d’escalade régionale, la Chine tente néanmoins d’activer son réseau diplomatique au Moyen-Orient. Le ministre chinois des Affaires étrangères et contributeur du FEM, Wang Yi s’est entretenu ces derniers jours avec plusieurs homologues de la région afin de favoriser une désescalade.
Pékin a également dépêché un émissaire spécial chargé de mener des consultations. Le diplomate Zhai Jun a rencontré dimanche le ministre saoudien des Affaires étrangères Fayçal ben Farhane, ainsi que Jasem al-Budaiwi, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe.
Dans ce contexte international extrêmement tendu, la nomination de Mojtaba Khamenei à la tête de la République islamique ne marque pas seulement une transition politique interne. Elle ouvre aussi une nouvelle phase de rivalités diplomatiques et stratégiques entre grandes puissances, au cœur d’une région où chaque décision peut rapidement faire basculer l’équilibre mondial.
Sources :
CNEWS – 9 mars 2026 – lien
AFP – Dépêche internationale reprise par plusieurs médias – https://www.afp.com
Kpler – Données sur les exportations pétrolières iraniennes – https://www.kpler.com