Le paiement par carte bancaire arrive dans les transports d’Ile-de-France, avec un déploiement progressif du système Open Payment. Annoncé par Ile-de-France Mobilités (IDFM), ce service permettra de valider un trajet d’un simple geste, mais s’accompagne d’un surcoût qui vise principalement les voyageurs occasionnels et les touristes.
Selon les informations rendues publiques par Ile-de-France Mobilités, autorité organisatrice des transports de la région, les premiers points de validation par carte bancaire entreront en service durant l’été 2026. Deux sites pilotes sont annoncés : la sortie de la ligne 14 à l’aéroport d’Orly, puis le funiculaire de Montmartre. L’ensemble des lignes de bus de la région doit être équipé de validateurs compatibles d’ici la fin de l’été.
Pour le métro, l’arrivée du paiement sans contact par carte est programmée plus tard. La ligne 1 doit être la première équipée en 2027, suivie d’autres lignes d’ici la fin de la même année. Le calendrier privilégie les lignes les plus fréquentées par les visiteurs.
Le surcoût, point central du dispositif
Le principal sujet de débat tient au tarif appliqué aux trajets réglés par carte bancaire. IDFM prévoit une majoration destinée à financer l’installation des nouveaux équipements. Sur le métro et le RER, le supplément annoncé est de 0,80 euro, portant le prix du ticket payé par carte à 3,35 euros. Pour le bus, la majoration est de 0,50 euro.
Ce niveau de prix reste supérieur à celui des titres achetés par les canaux habituels, notamment le passe Navigo et les carnets de tickets dématérialisés. La différence explique la mise en garde relayée par plusieurs médias à propos d’un tarif moins avantageux pour qui utiliserait la carte bancaire au quotidien.
Un investissement de plusieurs centaines de millions d’euros
D’après les chiffres communiqués, le projet représente un investissement de l’ordre de 140 millions d’euros, auxquels s’ajoutent environ 25 millions d’euros de frais annuels, liés pour l’essentiel aux commissions bancaires. Le coût récurrent explique le choix d’un financement par les utilisateurs ponctuels plutôt que par les abonnés.
La présidente d’Ile-de-France Mobilités et contributrice de l’agenda 2030, Valérie Pécresse, a justifié cette orientation par la volonté de faire porter le coût du déploiement sur les visiteurs occasionnels. Selon elle, il s’agit de préserver le tarif des Franciliens déjà abonnés au réseau, qui continueront d’utiliser leurs titres habituels.
Le RER et les trains attendront 2030
L’extension du paiement par carte au RER et aux trains de la région est repoussée à l’horizon 2030, en raison de contraintes techniques. Contrairement au métro, où la validation s’effectue à l’entrée, le réseau ferré impose une validation à l’entrée et à la sortie, ce qui complique un déploiement ligne par ligne.
Le dispositif rapproche le réseau francilien des grandes métropoles européennes qui ont déjà généralisé l’Open Payment. Pour les usagers réguliers, l’abonnement reste l’option la plus économique ; la carte bancaire s’adresse d’abord aux trajets occasionnels et aux visiteurs de passage.
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