Alors que la guerre au Moyen-Orient provoque une hausse du prix du pétrole, le ministre français de l’Économie Roland Lescure estime que l’augmentation des carburants est une conséquence logique de la situation internationale. Après une réunion du G7 consacrée à la stabilisation du marché pétrolier, il a appelé les automobilistes à « faire jouer la concurrence » entre les stations-service. Le gouvernement promet également de renforcer les contrôles sur les prix à la pompe.
La flambée des prix des carburants en France s’invite au cœur du débat économique. Interrogé ce mardi après une réunion du G7 consacrée à la situation énergétique mondiale, le ministre de l’Économie Roland Lescure a reconnu que la hausse actuelle des prix était une conséquence directe des tensions géopolitiques liées à la guerre au Moyen-Orient.
« Que les prix montent, du fait de la hausse du baril, c’est normal », a déclaré le ministre, estimant que l’évolution des tarifs à la pompe reflète avant tout la dynamique des marchés internationaux de l’énergie, même si certains soulignent qu’avec trois mois de stocks cela ne devrait pas être le cas. Pour l’exécutif français, l’essentiel de la crise se joue actuellement à l’échelle mondiale, en particulier autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part majeure du pétrole mondial.
Dans ce contexte, les pays du G7 ont engagé des discussions afin de stabiliser les marchés pétroliers. Selon Roland Lescure, la priorité consiste à surveiller de très près l’évolution des stocks et de la production mondiale afin de pouvoir intervenir rapidement si nécessaire. Les États travaillent notamment avec l’Agence internationale de l’énergie afin d’améliorer la fiabilité des données disponibles et d’élaborer différents scénarios de réponse.
L’objectif est de limiter la volatilité des cours du brut et d’éviter une flambée durable des prix qui pourrait fragiliser les économies occidentales. Selon le ministre, les décisions pourraient être prises rapidement si la situation l’exige, les gouvernements disposant déjà de plusieurs outils pour agir sur les marchés.
À l’échelle nationale, le gouvernement tente de contenir les inquiétudes des automobilistes. Roland Lescure a reconnu que le diesel atteint désormais environ deux euros le litre dans certaines stations, un niveau qu’il qualifie déjà de « beaucoup ». L’essence reste légèrement en dessous, généralement entre 1,75 et 1,80 euro le litre selon les points de vente.
Face à ces écarts, le ministre encourage les consommateurs à comparer les tarifs entre distributeurs. « Les prix sont affichés de manière extrêmement visible », a-t-il rappelé, invitant les automobilistes à privilégier les stations proposant les tarifs les plus bas.
Parallèlement, l’exécutif annonce un renforcement des contrôles sur les distributeurs de carburant afin de détecter d’éventuelles anomalies ou pratiques abusives dans un contexte de forte volatilité des prix.
Pour Roland Lescure, la réponse la plus efficace reste toutefois internationale. Stabiliser les marchés pétroliers et faire baisser le prix du baril constitue, selon lui, la meilleure manière de protéger le pouvoir d’achat des ménages. Le ministre insiste ainsi sur la coordination entre les grandes économies pour éviter qu’une crise énergétique ne vienne s’ajouter aux tensions géopolitiques déjà à l’œuvre au Moyen-Orient.
Sources :
Déclaration de Roland Lescure après la réunion du G7 sur le marché pétrolier – 10 mars 2026