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Xi Jinping et Vladmir Poutine. Photo : @Sergei Bobylev, RIA Novosti

Capture de Maduro : une victoire américaine qui pourrait servir les intérêts de la Russie et de la Chine

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L’arrestation spectaculaire de Nicolás Maduro par les États-Unis a bouleversé les équilibres géopolitiques en Amérique latine. Si Moscou perd un allié stratégique, l’intervention américaine pourrait paradoxalement renforcer les arguments de Vladimir Poutine en Ukraine et de Pékin sur Taïwan, en légitimant une politique mondiale fondée sur les sphères d’influence et le rapport de force.

La capture de Nicolás Maduro par les forces spéciales américaines marque un tournant majeur dans les relations internationales. En s’emparant du dirigeant vénézuélien et en affirmant vouloir piloter une transition politique à Caracas, le président américain et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump assume une stratégie de puissance qui bouleverse l’ordre diplomatique établi depuis la fin de la guerre froide.

Pour la Russie, le choc est réel. Huit mois seulement après la signature d’un partenariat stratégique entre Moscou et Caracas, Vladimir Poutine perd un allié précieux en Amérique latine, région historiquement perçue comme l’arrière-cour de Washington. « La Russie a perdu un allié en Amérique latine », reconnaît une source russe de haut rang citée par Reuters, tout en soulignant que l’opération américaine s’inscrit clairement dans une réactivation de la doctrine Monroe.

Cette doctrine, formulée en 1823, visait à faire du continent américain une zone d’influence exclusive des États-Unis. Sa remise au goût du jour par l’administration Trump, entérinée dans la Stratégie de sécurité nationale présentée en décembre, est observée avec attention à Moscou. Pour certains responsables russes, elle pourrait même servir de précédent. Si Washington revendique ouvertement une domination sur l’hémisphère occidental, pourquoi la Russie ne pourrait-elle pas faire de même dans son « étranger proche », notamment en Ukraine, dans le Caucase ou en Asie centrale ?

Des voix nationalistes russes ont dénoncé ce qu’elles qualifient de « piraterie » et de « changement de régime » imposé par la force, tout en établissant un parallèle douloureux avec la guerre en Ukraine. L’efficacité de l’opération américaine contraste avec l’enlisement du conflit russo-ukrainien, près de quatre ans après son déclenchement. Mais au-delà de l’humiliation symbolique, une lecture plus froide prévaut au Kremlin.

Selon une seconde source russe, la plupart des puissances occidentales n’ont pas condamné frontalement l’intervention américaine, ce qui renforce l’idée que le droit international cède désormais le pas au rapport de force. « Il n’y a pas de droit international, il n’y a que le droit de la force », résume Sergueï Markov, cité par Reuters. Une vision que Moscou estime confirmée par l’attitude de Washington.

Sur le plan économique, la Russie n’est plus directement engagée au Venezuela comme elle l’était par le passé. Le géant pétrolier Rosneft a mis fin à ses activités dans le pays dès 2020. En revanche, la prise de contrôle américaine d’un État disposant des plus importantes réserves de pétrole au monde pourrait renforcer la puissance énergétique des États-Unis, au détriment des producteurs concurrents, dont la Russie.

Dans la foulée de l’opération américaine, Pékin a publié un communiqué dans lequel les autorités chinoises qualifient le coup d’État américain de « violation flagrante du droit international », exige « la libération immédiate du président Maduro et de son épouse » et demandent à Washington de « cesser de chercher à renverser le gouvernement du Venezuela ».

La Chine a ainsi fait preuve de fermeté affirmant qu’elle avait fait du Venezuela un casus belli car elle y voit la remise en cause inacceptable du droit international et des souverainetés nationales, ainsi qu’un étranglement prémédité de ses approvisionnements en hydrocarbures.

Mais en réalité, pour le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Xi Jinping, comme pour Vladimir Poutine, le fait que le président américain concentre ses efforts sur l’hémisphère occidental n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle. Un enlisement américain au Venezuela pourrait détourner l’attention et les ressources de Washington d’autres théâtres stratégiques, à commencer par l’Ukraine et le détroit de Taïwan.

À Pékin, la démonstration de force américaine est également scrutée avec intérêt. En légitimant implicitement une vision du monde fondée sur des sphères d’influence, l’opération contre Maduro pourrait fournir un argument supplémentaire à la Chine pour justifier, à terme, une action plus directe sur Taïwan, présentée comme relevant de sa souveraineté historique.

Ainsi, loin de constituer un simple épisode latino-américain, la capture de Nicolás Maduro pourrait accélérer une recomposition globale des règles du jeu international. En assumant une géopolitique de la force, Washington risque de conforter ses adversaires stratégiques dans leurs propres ambitions territoriales, ouvrant la voie à une ère de confrontations où le précédent vénézuélien servirait de référence.

Le cas du Groënland devra également être scruté attentivement. Tombera-t-il dans l’escarcelle américaine ou ses défenseurs comme la France ou l’Union européenne, tireront-ils profit de cette situation dans le cadre de ce qui pourrait ressembler à un grand partage du gâteau des ressources énergétiques mondiales.

Sources :

Reuters – Analyse géopolitique sur la capture de Nicolás Maduro – 5 janvier 2026

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