La NASA a franchi une étape décisive vers le vol d’essai Artemis II en menant avec succès une répétition générale complète au Centre spatial Kennedy. Le remplissage du lanceur SLS et la simulation du compte à rebours se sont déroulés sans incident majeur. Une avancée technique majeure avant un lancement prévu dans la fenêtre de mars.
La fusée SLS (Space Launch System) et le vaisseau Orion du programme NASA se dressent désormais prêts sur le pas de tir 39B du Centre spatial Kennedy, en Floride. Le 10 février 2026, l’ensemble a été soumis à une répétition générale sous la pluie, une simulation complète incluant le ravitaillement en ergols et la séquence terminale du compte à rebours. Objectif : tester chaque étape critique avant le décollage d’Artemis II.
Au cours de cette opération, les ingénieurs ont chargé plus de 700 000 gallons de propergol liquide dans la fusée Space Launch System. Une équipe s’est rendue sur le pas de tir afin de répéter la fermeture des écoutilles du vaisseau Orion, tandis que deux simulations complètes du compte à rebours final ont été exécutées. Depuis le centre de contrôle de lancement, l’équipage d’Artemis II a pu observer une partie des opérations, immersion grandeur nature avant le grand départ.
Hydrogène sous contrôle et gestion d’un incident technique
L’un des points les plus sensibles concernait le ravitaillement en hydrogène liquide, qui avait posé des difficultés lors de précédents essais. Cette fois, les concentrations d’hydrogène sont restées sous les seuils autorisés, signe que les nouveaux joints installés sur l’interface d’alimentation fonctionnent correctement. Pour les équipes techniques, ce succès renforce la confiance dans la fiabilité du système.
Un incident est toutefois survenu en début d’opération avec une perte temporaire des communications au centre de contrôle. Les équipes ont immédiatement basculé vers des canaux de secours afin de poursuivre en toute sécurité le remplissage en propergol. Les communications normales ont été rétablies peu après, et l’équipement à l’origine du dysfonctionnement a été identifié.
Préparatifs finaux et quarantaine de l’équipage
Alors que les ingénieurs analysent les données collectées, l’équipage d’Artemis II est entrée en quarantaine à Houston ce 20 février. Cette période d’environ quatorze jours vise à limiter tout risque sanitaire avant le lancement. Si aucune date officielle n’a encore été annoncée, cette décision permet de préserver la flexibilité de la fenêtre de tir prévue en mars.
La mission emmènera le commandant Reid Wiseman, le pilote Victor Glover, la spécialiste de mission Christina Koch et l’astronaute canadien Jeremy Hansen autour de la Lune avant un retour sur Terre. Il s’agira du premier vol habité du programme Artemis et du premier voyage humain vers l’orbite lunaire depuis l’ère Apollo.
Optimisation des opérations sur le pas de tir
Dans les prochains jours, des techniciens installeront des plateformes d’accès temporaires sur le lanceur mobile afin d’atteindre les segments supérieurs des propulseurs d’appoint et la section inter-réservoir du corps central. Ces aménagements permettront de tester à nouveau le système de neutralisation en vol, exigé par les normes de sécurité de l’Eastern Range.
Forte des enseignements tirés d’Artemis I, la NASA a conçu ces plateformes pour éviter un retour du lanceur vers le Vehicle Assembly Building, optimisant ainsi les délais et les opérations. L’équipe chargée des opérations de fermeture répétera également les procédures, renforçant la coordination et la précision de chaque geste.
Avec Artemis, l’agence spatiale américaine entend ouvrir une nouvelle ère d’exploration habitée. Après ce vol circumlunaire, l’objectif affiché est clair : préparer le retour durable des États-Unis sur la surface lunaire, avant de viser, à plus long terme, Mars. Une ambition assumée, dans ce que la NASA qualifie elle-même d’« âge d’or » de l’innovation spatiale.
Sources :
NASA – NASA Begins Artemis II Launch Pad Ops After Successful Fuel Test – lien