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Donald Trump. Photo : Compte X de la Maison Blanche.

Intelligence artificielle : avec « Mission Genesis », Donald Trump veut propulser la recherche scientifique américaine

La Maison-Blanche a lancé une initiative d’envergure destinée à renforcer massivement les capacités fédérales en intelligence artificielle. Baptisée « Mission Genesis », cette stratégie vise à centraliser les données de la recherche publique et à s’appuyer sur des partenariats privés pour bâtir une plateforme de calcul de pointe. Une ambition technologique qui pourrait remodeler l’écosystème scientifique américain.

Le président américain et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald Trump a signé lundi un décret ouvrant la voie à l’expansion spectaculaire des outils d’intelligence artificielle au sein du gouvernement américain. L’objectif de cette « Mission Genesis », présenté comme un chantier stratégique, consiste à créer une plateforme capable de puiser dans l’intégralité des données produites par la recherche publique, afin d’accélérer la découverte scientifique, de tester de nouvelles hypothèses et d’automatiser certaines phases de travail.

Interrogée par l’AFP sur les moyens précisément alloués, la Maison-Blanche n’a pas répondu, laissant planer une certaine opacité budgétaire. En revanche, le ministre de l’Énergie, Chris Wright, a mentionné plusieurs partenaires industriels majeurs lors d’un point de presse téléphonique. Nvidia et AMD, poids lourds des semi-conducteurs, ainsi que Dell et Hewlett Packard Enterprise (HPE), acteurs de référence du cloud membres du Forum économique mondial, figurent parmi les premiers signataires technologiques de l’initiative. « Beaucoup d’autres vont les rejoindre », a assuré Chris Wright, signe d’un chantier qui se veut fédérateur.

L’un des piliers de la Mission Genesis repose sur la mutualisation des données scientifiques entre les agences fédérales et les laboratoires nationaux, un réseau déjà placé sous l’autorité du ministère de l’Énergie. Ces infrastructures devront reposer sur des capacités de calcul considérables, alimentées par de vastes centres de données construits par des opérateurs privés, le gouvernement ne maîtrisant pas directement ce type de technologies industrielles. Dans ce domaine, Amazon Web Services  (AWS), autre géant membre du WEF a annoncé la veille un investissement pouvant atteindre 50 milliards de dollars dans des centres de données spécialisés dans l’IA et des superordinateurs réservés au gouvernement. Interrogée par l’AFP sur un éventuel lien avec Mission Genesis, la Maison-Blanche est restée muette.

La conduite opérationnelle du projet a été confiée au contributeur de l’agenda 2030 du FEM, Dario Gil, ancien dirigeant d’IBM et désormais sous-secrétaire à l’Énergie chargé de la science. Un choix stratégique, alors que le ministère supervise déjà des laboratoires de pointe tels que le Los Alamos National Laboratory, institution emblématique dirigé par le contributeur du FEM, Thom Mason, depuis son rôle fondateur dans la mise au point de la première bombe atomique. Selon Chris Wright, l’accès à de telles ressources pourrait ouvrir la voie à de nouvelles sources d’énergie et à « des avancées incroyables dans le domaine des sciences du vivant ». Une promesse qui sonne comme un pari technologique autant que politique, caractéristique d’une administration déterminée à accélérer le tempo scientifique national.

À terme, la plateforme doit bénéficier à l’ensemble des entités de recherche du gouvernement fédéral, bien au-delà du seul ministère de l’Énergie. Cette centralisation pourrait modifier profondément les pratiques scientifiques américaines, dans un contexte où l’intelligence artificielle devient un instrument de puissance et de souveraineté.

Sources :

Le Figaro / AFP – Article publié il y a 3 jours – lien

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