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Airbus A319 Volotea. Photo : Wikimédia.

Volotea : l’Union européenne recale la compagnie aérienne sur la surfacturation du carburant après achat des billets

La compagnie low-cost Volotea est accusée d’avoir répercuté la hausse du kérosène en demandant un supplément sur des billets déjà achetés. Une pratique qui soulève des questions juridiques en Europe, où la transparence des prix dans le transport aérien est strictement encadrée.

La hausse persistante du prix du kérosène continue de secouer le secteur aérien européen, mais c’est désormais sur le terrain juridique et commercial que le sujet se cristallise. La compagnie Volotea, une compagnie espagnole, est au cœur d’une controverse après avoir appliqué un supplément carburant à des billets déjà achetés, une pratique qui interroge la conformité au droit européen et la relation de confiance avec les passagers. La politique de Volotea a été ajoutée à ses conditions de vente le lundi 16 mars 2026, selon Le Monde et d’autres sources.

La compagnie espagnole a mis en place un mécanisme de réajustement du prix du carburant quelques jours avant le départ. Dans certains cas, les passagers ont dû régler un supplément allant jusqu’à environ 7 à 14 euros par billet, une somme jugée « faible » par la compagnie mais symboliquement explosive dans le débat public.

Un mécanisme contractuel au cœur des tensions

Volotea voulait s’appuyer sur ce qu’elle appelle une « Fair Travel Promise », un dispositif contractuel intégré lors de la réservation, permettant d’ajuster le prix en fonction de l’évolution du carburant. Dans certains cas, si le prix baisse, la différence peut être remboursée, selon les conditions de transport.

Mais cette logique divise profondément les experts. Imane El Bouanani, responsable juridique France de Flightright, estime que ce type de mécanisme est particulièrement problématique dans un marché ultra-sensible aux prix. Elle avertit : « C’est précisément ce qui rend le mécanisme dangereux », en référence au fait que la majorité des passagers préfèrent payer un petit supplément plutôt que d’annuler leur voyage.

Une pratique dans une zone grise du droit européen

Sur le plan juridique, la situation reste floue. Le droit européen impose que le prix final d’un billet d’avion soit clairement affiché et comprenne les coûts obligatoires et prévisibles. Or, le carburant est considéré comme un coût opérationnel interne, ce qui complique la justification d’une révision post-achat.

Le ministre français des Transports Philippe Tabarot a lui-même reconnu un « flou » sur la légalité du dispositif, indiquant que sa conformité au droit européen devait être vérifiée. L’Union européenne, rappelle de son côté que les suppléments appliqués après l’achat d’un billet sont en principe interdits lorsqu’ils modifient le prix final.

Finalement la Commission européenne a tranché le 8 mai dernier indiquant qu’une compagnie aérienne ne pouvait pas ajouter rétroactivement un supplément carburant au motif que le kérosène a augmenté.

Sources :
Capital
Le Figaro
Ouest-France
La Croix

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