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Donald Trump. Photo : @Daniel Torok.

OTAN : les Européens cherchent à apaiser Washington après la colère de Donald Trump

Les pays européens de l’OTAN s’apprêtent à sonder les États-Unis lors d’une réunion en Suède, dans un contexte de tensions ravivées par les déclarations de Donald Trump. L’épisode relance les interrogations sur la solidité du lien transatlantique et sur la continuité du soutien américain à l’Alliance.

Les pays européens de l’Otan vont prendre vendredi 22 mai 2026, en Suède, le pouls de leur allié américain sur l’ampleur du retrait de troupes qu’il envisage en Europe, dans un contexte de fortes tensions transatlantiques ravivées par la position de Donald Trump au début de la guerre au Moyen-Orient.

Réunis à Helsingborg pour une rencontre des ministres des Affaires étrangères de l’Alliance, les Européens cherchent à comprendre la direction prise par Washington. « C’est de savoir si on sort du moment punition ou pas », résume un diplomate européen à Bruxelles, en référence notamment à l’annonce d’une réduction des forces américaines en Allemagne.

Le président américain, de son côté, ne décolère pas depuis que plusieurs pays européens ont refusé de s’engager à ses côtés dans le conflit qu’il a lancé avec Israël contre l’Iran. Dans ce contexte, il a toutefois annoncé jeudi l’envoi de 5 000 militaires américains en Pologne, justifiant cette décision par sa proximité avec le président nationaliste Karol Nawrocki.

Une Alliance sous tension et des signaux contradictoires

À la veille de la réunion en Suède, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a vivement critiqué les pays européens, accusés de « refuser de faire quoi que ce soit » en soutien aux États-Unis dans le conflit au Moyen-Orient.

Pour autant, les alliés européens et canadien affirment avoir « entendu l’appel américain à agir », selon le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, qui tente de temporiser les tensions. Dans ce cadre, plusieurs moyens militaires ont été déployés, notamment des navires de guerre positionnés aux abords du détroit d’Ormuz, zone stratégique sous pression en raison des tensions avec l’Iran.

L’Alliance pourrait également jouer un rôle opérationnel accru, même si aucune décision officielle n’a encore été prise. Le commandant suprême des forces de l’Otan en Europe, le général américain Alexus Grynkewich, a d’ailleurs indiqué : « J’y réfléchis », évoquant une possible implication dans la sécurisation de cette zone maritime clé par laquelle transite près d’un cinquième du pétrole mondial.

Retrait américain et réorganisation stratégique

Les Européens s’attendent aussi à des annonces sensibles concernant la présence militaire américaine sur le continent. Washington a déjà acté le retrait d’environ 5 000 soldats d’Allemagne, une décision perçue par plusieurs diplomates comme un signal politique de « punition », même si Mark Rutte appelle à la relativiser.

« Rien de grave », estime-t-il, en expliquant qu’il est logique que les États-Unis ajustent leur présence à mesure que les Européens renforcent leurs propres capacités de défense. Mais il insiste : ces ajustements doivent se faire « de manière contrôlée et dans le temps ».

Selon plusieurs sources diplomatiques, d’autres réductions pourraient suivre, notamment concernant la contribution américaine aux forces de renfort rapide de l’Otan, parfois appelées « la cavalerie », mobilisables en cas de crise majeure.

Des Européens sous pression pour augmenter leur effort militaire

Dans ce contexte tendu, les Européens cherchent aussi à rassurer Washington. Plusieurs États membres envisagent d’annoncer une nouvelle vague de contrats d’armement, dont certains avec des industriels américains, afin de démontrer leur engagement croissant.

L’Otan discute également d’un objectif financier pour le soutien à l’Ukraine, avec une proposition de Mark Rutte visant à consacrer au moins 0,25 % du PIB des pays membres à l’aide militaire à Kiev, hors États-Unis. Une proposition qui, selon lui, « ne sera probablement pas acceptée », mais qui doit alimenter le débat sur le partage de l’effort.

Les déséquilibres persistent toutefois entre alliés. Plusieurs pays sont accusés de ne pas contribuer suffisamment, tandis que certains, comme les Pays-Bas ou l’Allemagne, assument une part importante du soutien financier et militaire à l’Ukraine.

La France, de son côté, est critiquée par certains partenaires pour la faiblesse de son effort budgétaire direct, mais elle met en avant ses contributions en matière de renseignement et son rôle dans la structuration de coalitions de soutien à Kiev.

Une Alliance en quête de stabilité

À quelques semaines du sommet de l’Otan prévu en Turquie en juillet, où Donald Trump est attendu, les Européens espèrent obtenir des clarifications sur la stratégie américaine. Entre annonces de retraits, renforts ciblés et pression sur les dépenses militaires, l’Alliance traverse une phase de recomposition où chaque signal politique est scruté avec attention.

Dans ce climat d’incertitude, les discussions de Helsingborg apparaissent comme un test de cohésion pour une OTAN confrontée à la fois aux tensions internationales et à ses propres lignes de fracture internes.

Sources :
Le Figaro
Sud Ouest
La Provence

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