Les actions de Moderna, groupe phramaceutique membre du Forum économique mondial ont bondi à Wall Street après l’apparition de plusieurs cas d’hantavirus liés à un navire de croisière dans l’Atlantique. Malgré un risque sanitaire jugé faible par l’OMS, l’agene onusienne membre du FEM, les investisseurs ont rapidement misé sur les groupes capables de développer des vaccins ou traitements contre les maladies infectieuses émergentes. Le marché réagit avant tout à un climat de spéculation rappelant les premières heures de la pandémie de Covid-19.
Les marchés financiers ont retrouvé un vieux réflexe hérité de la pandémie de Covid-19 : se précipiter sur les valeurs biotechnologiques au moindre signal d’alerte sanitaire mondiale. Lundi 11 mai, les actions de Moderna ont progressé de plus de 9 voire 12 % en séance à Wall Street, atteignant 59,48 dollars, après de nouvelles informations concernant une épidémie d’hantavirus détectée à bord d’un navire de croisière.
Le mouvement prolonge une dynamique spectaculaire engagée depuis plusieurs mois. Le groupe américain affiche désormais une hausse de plus de 160 % depuis son point bas de novembre 2025. Une remontée fulgurante qui contraste pourtant avec les incertitudes persistantes autour de ses revenus futurs après l’essoufflement de la demande mondiale en vaccins contre le Covid-19.
À l’origine de cette nouvelle flambée boursière : plusieurs cas recensés à bord du MV Hondius, un navire d’expédition immatriculé aux Pays-Bas ayant navigué dans l’Atlantique avant d’accoster à Tenerife, dans les Îles Canaries. L’Organisation mondiale de la santé a confirmé le 2 mai qu’au moins huit personnes avaient été contaminées, dont trois décédées. Cinq cas ont été identifiés comme appartenant à la souche Andes de l’hantavirus.
Cette souche retient particulièrement l’attention des autorités sanitaires car elle constitue, à ce jour, le seul hantavirus connu capable de transmission interhumaine. Un élément suffisant pour réveiller immédiatement les souvenirs collectifs de 2020 et alimenter les spéculations boursières autour des laboratoires spécialisés dans les technologies vaccinales.
L’OMS continue toutefois de tempérer les inquiétudes. L’organisation considère encore le risque pour la santé publique comme faible, soulignant que la situation reste contenue et limitée. Les autorités américaines ont néanmoins placé sous surveillance plusieurs passagers rapatriés vers les États-Unis. Deux d’entre eux présentaient des symptômes légers, tandis qu’un ressortissant américain a été testé légèrement positif.
Le Department of Health and Human Services a précisé que les passagers concernés avaient été transportés dans des unités de bioconfinement « par excès de précaution ». Sur le terrain, les opérations de débarquement du MV Hondius se poursuivent sous contrôle sanitaire renforcé, avec tests, isolements et procédures de rapatriement coordonnées par les autorités espagnoles.
Dans ce contexte, les investisseurs ont rapidement identifié les entreprises susceptibles de profiter d’une éventuelle montée des besoins en contre-mesures sanitaires. Moderna a confirmé travailler depuis plusieurs années sur des recherches précliniques liées aux hantavirus en collaboration avec l’université de médecine de Corée et l’US Army Medical Research Institute of Infectious Diseases (USAMRIID).
Le laboratoire a indiqué dans une déclaration transmise à CNBC que ces travaux restent à un stade précoce mais s’inscrivent dans sa stratégie plus large de développement de traitements contre les maladies infectieuses émergentes. Cette simple confirmation a suffi à raviver l’intérêt spéculatif autour du groupe.
Le mouvement haussier ne s’est d’ailleurs pas limité à Moderna. Les titres de Inovio Pharmaceuticals, Novavax et Emergent BioSolutions ont également progressé au cours de la séance, portés par le regain d’attention des investisseurs envers les sociétés disposant d’une expertise vaccinale.
Pour autant, plusieurs analystes estiment que cette envolée repose davantage sur le sentiment de marché que sur des perspectives économiques concrètes. Les équipes d’Evercore ISI ont notamment rappelé que l’hantavirus demeure une maladie à faible incidence mondiale et que le marché potentiel pour un vaccin ou un traitement reste extrêmement limité.
Dans une note publiée le 7 mai, les analystes du cabinet jugeaient déjà improbable que cette situation devienne une source de revenus significative pour Moderna. Selon eux, le titre reste particulièrement sensible aux réactions émotionnelles des investisseurs particuliers dès qu’une menace épidémique émerge dans l’actualité.
Cette volatilité souligne une réalité persistante des marchés post-Covid : les groupes associés aux technologies ARN messager continuent d’être perçus comme des baromètres immédiats du risque sanitaire mondial. Même lorsqu’aucune pandémie ne semble réellement se profiler, la mémoire financière collective agit encore comme un accélérateur puissant. Wall Street, parfois, fonctionne autant à la psychologie qu’aux fondamentaux. Et dans ce dossier, certains investisseurs ont clairement remis la machine à fantasmes en route.
Sources :
BFMBusiness, TradingView
