La cour pénale neuchâteloise a condamné Idriss Aberkane à 24 mois de prison avec sursis pour gestion déloyale aggravée et faux dans les titres. L’essayiste et conférencier franco-suisse, présenté comme un expert en neurosciences, est reconnu coupable d’avoir détourné quelque 650 000 francs suisses au détriment de partenaires institutionnels et privés. Le tribunal a prononcé la peine maximale prévue par la loi.
La cour pénale du Tribunal correctionnel de Neuchâtel a rendu son verdict le 7 mai 2026. Idriss Aberkane, 40 ans, est condamné à 24 mois d’emprisonnement avec sursis – soit le maximum légal applicable pour les infractions retenues. Ce jugement en appel est nettement plus sévère que la décision de première instance, qui n’avait retenu qu’un seul acte. La juridiction cantonale a au contraire reconnu sept actes distincts à la charge du prévenu.
Les deux chefs d’accusation sont la gestion déloyale aggravée et les faux dans les titres. Les faits couvrent une période allant de plusieurs années pendant laquelle Aberkane aurait utilisé à des fins personnelles des fonds confiés par des tiers. Le montant total du préjudice s’établit à environ 650 000 francs suisses, selon les éléments retenus par la cour.
Un personnage médiatique aux prétentions scientifiques contestées
Idriss Aberkane s’est construit une notoriété importante en France et dans les pays francophones grâce à ses conférences sur la créativité, le cerveau humain et les neurosciences. Des polémiques ont eu lieu sur l’obtention de ses diplomes, mais Aberkane se dit victime d’une cabale alors qu’il est particulièrment engagé dans le combat pour la liberté d’expression.
Un jugement en appel qui alourdit considérablement les poursuites
Le passage de première instance à l’appel marque un renversement significatif. Là où le tribunal de première instance n’avait retenu qu’un seul acte délictueux, la cour pénale neuchâteloise en a identifié sept. Cette réévaluation complète du dossier a conduit les magistrats à prononcer la peine maximale autorisée par le code pénal suisse pour les infractions en cause.
Le sursis accordé signifie qu’Aberkane ne sera pas incarcéré à condition de respecter les termes fixés par le jugement. La condamnation reste néanmoins inscrite à son casier judiciaire et constitue une sanction pénale définitive si elle n’est pas portée devant une instance supérieure.
Vers un pourvoi devant le Tribunal fédéral ?
La défense n’a pas exclu de porter l’affaire devant le Tribunal fédéral suisse, juridiction de recours de droit commun en matière pénale. Un tel recours serait toutefois limité aux questions de droit et ne permettrait pas de remettre en cause l’appréciation des faits par la cour cantonale, sauf à démontrer une violation manifeste des règles de procédure ou du droit matériel.
