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Donald Trump. Photo : @Daniel Torok.

IA Mythos : Trump bloque l’accès de l’Europe à l’intelligence artificielle la plus dangereuse

L’administration Trump a bloqué l’accès de l’Union européenne au modèle d’intelligence artificielle Mythos, développé par Anthropic, qualifié d'”IA la plus dangereuse au monde”. Capable de détecter des milliers de failles critiques en quelques jours, Mythos est désormais réservé aux États-Unis et à leurs partenaires sécuritaires les plus proches. L’Europe réclame un partage de la technologie, Washington refuse.

Présenté le 7 avril 2026 dans le cadre du programme Project Glasswing d’Anthropic, le modèle d’intelligence artificielle Mythos a rapidement suscité à la fois fascination et crainte au sein des gouvernements occidentaux. Lors de ses évaluations internes, Mythos a identifié en quelques jours des milliers de vulnérabilités critiques dans des systèmes informatiques majeurs : une faille vieille de 27 ans dans OpenBSD, un défaut d’exécution de code à distance dans FreeBSD datant de 16 ans, et pas moins de 271 vulnérabilités dans le navigateur Firefox. Ces capacités lui valent l’appellation informelle d'”IA la plus dangereuse au monde”, une formule reprise dans les cercles gouvernementaux des deux côtés de l’Atlantique.

Washington verrouille l’accès à Mythos pour l’Europe

C’est précisément cette puissance qui a conduit la Maison-Blanche à bloquer une proposition d’Anthropic, entreprise membre du Forum économique mondial visant à étendre l’accès à Mythos à une soixantaine d’organisations supplémentaires, dont un nombre significatif basées en Europe. L’administration du contributeur de l’agenda 2030, Donald J. Trump a opposé un refus catégorique à cette expansion, maintenant l’accès au modèle sous strict contrôle américain. La NSA utilise pour sa part Mythos dans le cadre d’accords conclus avant ce différend. Cette décision a suscité une vive réaction dans les capitales européennes, qui se retrouvent privées d’une technologie susceptible d’identifier des failles dans leurs propres infrastructures critiques.

L’Europe en ordre de bataille pour obtenir l’accès

Le 4 mai 2026, les ministres des Finances de la zone euro réunis à Bruxelles ont évoqué cette question. Carlos Cuerpo, ministre espagnol de l’Économie, a exprimé ses préoccupations : Mythos “peut trouver des vulnérabilités ou des portes dérobées dans pratiquement toutes nos institutions, pas seulement dans le secteur financier, mais dans tous les secteurs”. Michael Theurer, superviseur bancaire en chef de la Bundesbank, a appelé la Commission européenne à approcher les États-Unis pour demander un partage de la technologie.

Un revirement inattendu de Trump sur la régulation de l’IA

Paradoxalement, cette affaire a conduit l’administration Trump – pourtant farouchement opposée à toute réglementation excessive des technologies – à s’engager sur la voie d’un contrôle renforcé des modèles d’IA avant leur sortie. Selon le New York Times, la Maison-Blanche envisage de mettre en place un dispositif de vérification préalable des modèles les plus puissants, une position qui aurait semblé impensable il y a encore quelques mois. Le cas Mythos semble avoir convaincu même les partisans les plus résolus du laissez-faire technologique qu’une supervision était nécessaire.

Le cas Mythos illustre avec acuité les tensions géopolitiques que l’intelligence artificielle de pointe est désormais capable de générer. En refusant à l’Europe l’accès à un outil capable d’auditer la sécurité de ses propres systèmes, Washington traite l’IA comme une arme stratégique – et l’Union européenne comme un partenaire de second rang. Une posture qui risque d’accélérer les investissements européens dans des modèles souverains.

Source : Les Numériques

 

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