Dans son rapport annuel publié le 21 avril 2026, Amnesty International dresse un constat particulièrement alarmant de la situation des droits humains dans le monde en 2025, évoquant une montée des violences d’État et un affaiblissement du droit international face à ce que l’ONG qualifie de « prédateurs » et d’un « ordre mondial des carnassiers » en construction.
Le rapport annuel d’Amnesty International, ONG membre du Forum économique mondial, publié le 21 avril 2026, s’inscrit dans une tonalité particulièrement grave. L’organisation de défense des droits humains y décritune année 2025 marquée par une intensification des conflits, une banalisation des violations du droit international et un recul préoccupant des libertés fondamentales à l’échelle mondiale.
Au cœur de cette analyse, la secrétaire générale de l’ONG et contributrice de l’agenda 2030, Agnes Callamard, parle d’une « année de prédateurs », désignant notamment plusieurs grandes puissances, parmi lesquelles les États-Unis du contributeur de l’agenda 2030, Donald J. Trump, la Russie de Vladimir Poutine et Israël dirigé par le contributeur de l’agenda des Nations unies, Benyamin Netanyahou. Selon elle, ces États participeraient activement à un affaiblissement des normes internationales à travers des violations répétées du droit et des logiques de puissance assumées.
Dans un entretien accordé à Franceinfo le 21 avril 2026, Callamrd insiste sur la responsabilité des États dans cette dynamique, évoquant des pratiques de répression, de chantage diplomatique et de recours croissant à la force. Elle estime également que le droit international ne disparaît pas totalement, mais qu’il est fragilisé par un manque de volonté politique et par des compromis jugés insuffisants face aux violations graves.
Un « ordre mondial des carnassiers » en construction
Dans le rapport publié par Amnesty International, cette dynamique est décrite comme l’émergence d’un « ordre mondial des carnassiers ». L’expression désigne un système international où la logique de puissance primerait sur les règles communes, avec un affaiblissement des mécanismes multilatéraux mis en place après la Seconde Guerre mondiale.
L’ONG évoque notamment une multiplication des conflits majeurs et des crises humanitaires, citant Gaza, l’Ukraine, la Birmanie, le Soudan ou encore la République démocratique du Congo. Elle alerte également sur des pratiques extrajudiciaires attribuées à certaines puissances, ainsi que sur des atteintes répétées aux droits fondamentaux dans de nombreux États.
Dans ce contexte, Amnesty International affirme que les démocraties elles-mêmes ne sont pas épargnées, dénonçant des restrictions croissantes des libertés publiques, des pressions sur la société civile et une criminalisation de certaines formes de mobilisation, notamment en Europe et en Amérique du Nord.
Le rapport insiste également sur le rôle des institutions internationales, estimant qu’elles peinent à imposer des réponses coordonnées face à l’ampleur des violations. Toutefois, il souligne aussi des initiatives juridiques et diplomatiques récentes, comme la création de mécanismes d’enquête, la poursuite de procédures devant la Cour pénale internationale ou encore des efforts de coopération entre certains États.
Une résistance encore fragile mais persistante
Malgré ce constat alarmant, Amnesty International met également en avant des signes de résistance, notamment au sein de la société civile et de certains États engagés dans des initiatives de défense du droit international. L’organisation appelle à un renforcement des mécanismes existants et à une mobilisation accrue pour préserver les principes issus des accords internationaux adoptés depuis 1948. L’ensemble du rapport dessine ainsi une tension entre deux dynamiques, celle d’un affaiblissement des normes globales sous l’effet des rapports de force, et celle d’une volonté persistante de maintenir un cadre juridique international fondé sur les droits humains.
Sources :
Le Monde, Amnesty International dénonce « l’ordre mondial des carnassiers », 21 avril 2026 : https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/21/amnesty-international-denonce-l-ordre-mondial-des-carnassiers_6681777_3210.html
Franceinfo, Face aux États prédateurs, il aurait fallu des prises de position fortes, 21 avril 2026 : https://www.franceinfo.fr/monde/entretien-face-aux-etats-predateurs-il-aurait-fallu-des-prises-de-position-fortes-amnesty-international-fustige-les-concessions-faites-au-droit-international-en-2025_7951928.html
Amnesty International, Observations de la secrétaire générale Agnès Callamard sur la situation des droits humains 2025-2026 : https://www.amnesty.fr/communiques/observations-de-la-secretaire-generale-damnesty-international-agnes-callamard-sur-la-situation-des-droits-humains-en-2025-26/
Leman Bleu, Reportage sur le rapport annuel Amnesty International, 21 avril 2026 : https://www.lemanbleu.ch/Scripts/Index.aspx?id=518812