La crise du détroit d’Ormuz menace directement les vacances d’été des Français. Depuis la fermeture quasi totale du détroit par l’Iran après les frappes du 28 février, le prix du kérosène a plus que doublé, passant de 87 à 218 dollars le baril. L’Italie a déjà mis en place un rationnement dans plusieurs aéroports, des vols ont été annulés en Asie et en Europe, et les compagnies françaises commencent à envisager des suppressions de lignes pour l’été.
La crise du kérosène prend une ampleur mondiale. En Italie, dans quatre aéroports, un fournisseur a commencé à limiter les approvisionnements pour les vols de moins de trois heures, une mesure inédite en temps de paix. Les habitants de la Sardaigne, île dont l’économie repose sur le tourisme, expriment une inquiétude particulière face à une possible interruption des liaisons aériennes.
Dans le reste du monde, les effets se font déjà sentir. En Asie, l’une des plus grandes compagnies aériennes a annulé 10% de ses vols. Au Vietnam, des lignes ont été supprimées. En Europe, une compagnie suédoise a annulé un millier de voyages. La cause est identique pour tous : le détroit d’Ormuz, par lequel transite 21% du kérosène mondial, est quasi fermé depuis les frappes américano-israéliennes du 28 février 2026.
Le prix du kérosène a plus que doublé en quelques semaines
L’envolée des coûts est brutale. Le baril de kérosène est passé de 87 à 218 dollars depuis le début du conflit, soit une hausse de plus de 150% en quelques semaines. Pour les compagnies aériennes, dont le carburant représente entre 20 et 30% des coûts opérationnels, cette situation est difficile à absorber sans répercussion directe sur les passagers.
Michael O’Leary, PDG de Ryanair, a pris la parole pour alerter directement les voyageurs. Selon lui, si la guerre continue, il existe un risque réel que 10, 20 ou 25% des livraisons de kérosène soient menacées en mai-juin. Une déclaration qui a nourri l’inquiétude des voyageurs à l’approche des congés estivaux.
Les compagnies françaises face à des choix stratégiques difficiles
En France, les compagnies aériennes commencent à arbitrer. Thierry Bros, spécialiste énergie à Sciences Po Paris estime dans les colonnes de France Info que l’idée est de clouer au sol les appareils les moins rentables et de maintenir les vols les plus essentiels. Autrement dit, les lignes à faible fréquentation pourraient être les premières sacrifiées pour préserver les liaisons structurantes du réseau.
Face à l’envolée des prix, de nombreuses compagnies dans le monde ont d’ores et déjà annoncé des hausses tarifaires répercutées directement sur les billets. Pour les voyageurs français n’ayant pas encore réservé leurs vols pour l’été, la facture risque d’être sensiblement plus lourde qu’anticipé.
Des vacances d’été sous tension, mais pas encore compromises
À ce stade, les autorités françaises n’ont pas annoncé de mesures de rationnement du kérosène. La situation est surveillée de près par les acteurs du secteur, qui espèrent une résolution du conflit avant le pic estival de juillet et août. Les voyageurs interrogés dans les aéroports affichent une attitude entre inquiétude et résignation.
Si le détroit d’Ormuz reste bloqué jusqu’en mai ou juin, les compagnies devront faire des choix plus drastiques. Les destinations lointaines, qui consomment davantage de carburant, pourraient être les premières affectées, réduisant les options disponibles pour les estivants européens.
La crise du kérosène est devenue le premier effet concret de la guerre au Moyen-Orient sur le quotidien des Européens. Elle rappelle combien l’économie mondiale reste tributaire du contrôle de quelques voies maritimes stratégiques, et à quel point une perturbation géopolitique peut, en quelques semaines, remettre en cause des projets de voyage planifiés des mois à l’avance.