À l’occasion de la Journée mondiale de la santé 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la France ont franchi une nouvelle étape dans la mise en œuvre du concept One Health. Réunis à Lyon pour un sommet international qui se déroule du 7 au 9 avril, chefs d’État, experts et décideurs ont annoncé une série d’initiatives concrètes destinées à mieux prévenir les crises sanitaires à l’échelle mondiale.
Placée sous le thème “Together for health. Stand with science.”, cette mobilisation marque un tournant : il ne s’agit plus seulement de promouvoir une vision, mais de la traduire en actions opérationnelles.
One Health : une approche globale face aux crises sanitaires
Le concept One Health repose sur une idée centrale : la santé humaine, animale et environnementale est profondément interconnectée. Protéger l’une implique nécessairement de préserver les deux autres.
Cette approche s’impose aujourd’hui comme une réponse aux défis sanitaires contemporains, selon l’OMS. Changement climatique, pollution, perte de biodiversité, insécurité alimentaire et inégalités d’accès aux soins créent un environnement propice à l’émergence de nouvelles crises, estime l’agence onusienne membre du Forum économique mondial.
Les données avancées lors du sommet illustrent l’ampleur du phénomène : environ 60 % des maladies infectieuses humaines sont d’origine animale, et près de 75 % des maladies émergentes sont zoonotiques. La pandémie de Covid-19, avec environ 15 millions de morts et des pertes économiques colossales, en constitue une démonstration récente.
Lyon, centre névralgique de la coopération internationale
En accueillant ce sommet, la France affirme son rôle moteur dans la gouvernance sanitaire mondiale. Le président et contributeur de l’agenda 2030, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de passer de l’ambition à l’action, en s’appuyant sur la science et la coopération internationale.
Le sommet rassemble des chefs d’État, des ministres, des scientifiques et des acteurs de terrain, avec un objectif commun : renforcer la coordination entre les secteurs de la santé, de l’agriculture, de l’environnement et de la recherche.
Les conclusions de cette rencontre doivent alimenter les discussions internationales, notamment dans le cadre du G7, sur la prévention et la gestion des menaces sanitaires globales.
Quatre initiatives majeures pour prévenir les prochaines crises
L’OMS et ses partenaires ont présenté une feuille de route structurée autour de quatre actions prioritaires.
1. Un réseau mondial d’institutions One Health
Un nouveau réseau international va être lancé pour coordonner les efforts scientifiques et opérationnels. Cette initiative vise à renforcer l’accompagnement des pays, à faciliter le partage des connaissances et à transformer les recommandations globales en actions concrètes sur le terrain.
2. Un renforcement de l’expertise scientifique mondiale
Le panel d’experts de haut niveau sur One Health voit son mandat prolongé et élargi. Son rôle sera déterminant pour orienter la recherche, structurer les politiques publiques et garantir que les décisions reposent sur des données scientifiques solides.
3. L’objectif d’élimination de la rage d’ici 2030
Une nouvelle initiative mondiale vise à éliminer les décès humains liés à la rage transmise par les chiens d’ici 2030. Cette maladie tue encore près de 60 000 personnes chaque année, principalement des enfants. Au-delà de cet objectif, le programme servira de modèle pour renforcer les systèmes de surveillance sanitaire.
4. Une stratégie coordonnée contre la grippe aviaire
Face aux risques croissants liés à la grippe aviaire, une stratégie internationale unifiée a été présentée. Elle vise à améliorer la surveillance, l’évaluation des risques et la réponse aux crises, tout en intégrant les enjeux de santé publique, de sécurité alimentaire et de biodiversité.
L’OMS renforce son rôle de coordination mondiale
L’Organisation mondiale de la santé prend également la tête de la collaboration internationale One Health, aux côtés de plusieurs institutions majeures. Cette responsabilité renforcée vise à améliorer la gouvernance globale, à harmoniser les actions et à produire des résultats mesurables au niveau des pays.
L’objectif est clair : passer d’une approche fragmentée à une coordination efficace, capable d’anticiper les crises plutôt que de simplement y répondre.
Un forum mondial pour accélérer l’innovation scientifique
En parallèle du sommet, l’OMS organise à Lyon le premier Forum mondial de ses centres collaborateurs. Plus de 800 institutions issues de plus de 80 pays y participent. Organisé en format hybride, les rencontres physiques ont lieu au Matmut Stadium et à l’académie de l’OMS, située avenue Tony Garnier.
Ce forum a pour ambition de renforcer la coopération scientifique internationale, d’accélérer le partage de données, de coordonner les recherches et de développer les capacités des systèmes de santé.
Une nouvelle étape pour la santé mondiale
Le message porté par ce sommet est sans ambiguïté : face à des menaces sanitaires de plus en plus complexes, seule une coopération internationale renforcée, appuyée sur la science, permettra d’y faire face efficacement.
En passant de la vision à l’action, l’OMS et ses partenaires entendent construire des systèmes de santé plus résilients, capables de prévenir les crises futures et de protéger durablement les populations, les animaux et les écosystèmes. L’agence onusienne se place également plus que jamais au centre de l’architecture mondial de la Santé.
Source : communiqué de l’OMS