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Siège social historique d'UBS à Zurich. Photo : @Ank Kumar

Affaire Epstein : UBS soupçonnée d’avoir financé la fuite de Ghislaine Maxwell

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Des documents judiciaires américains révèlent qu’UBS, banque membre du Forum économique mondial aurait transféré des millions de dollars au profit de Ghislaine Maxwell peu après la mort de Jeffrey Epstein. Ces fonds auraient contribué à l’achat d’une propriété où elle s’était cachée avant son arrestation.

Dans les ramifications déjà complexes de l’affaire Epstein, un nouvel élément vient jeter une lumière crue sur le rôle des circuits financiers. Selon des documents révélés par Reuters et relayés par le média suisse Blick, la banque UBS aurait contribué indirectement au financement de la cavale de Ghislaine Maxwell, principale complice du financier américain Jeffrey Epstein.

Au cœur de ces révélations figure une propriété isolée du New Hampshire, baptisée « Tucked Away », acquise en décembre 2019 pour environ 1,1 million de dollars. C’est dans cette résidence discrète que Ghislaine Maxwell s’était réfugiée après la mort d’Epstein, survenue en août 2019 dans une prison new-yorkaise. Pour brouiller les pistes, elle avait utilisé une fausse identité, se présentant comme journaliste sous le nom de Janet Marshall.

Derrière cette acquisition, un montage financier particulièrement opaque. Les fonds auraient transité par plusieurs comptes et structures, notamment un trust lié à Ghislaine Maxwell, avant d’aboutir à l’achat de la propriété. Parmi ces flux, un transfert majeur attire l’attention des enquêteurs : près de 8 millions de dollars envoyés le 12 novembre 2019 depuis UBS, selon un document classé « sensible » daté d’avril 2022 et fondé sur des données du Trésor américain.

Ce transfert intervient dans un contexte particulièrement sensible. À cette date, la banque suisse était déjà en contact avec les autorités américaines, notamment le FBI, dans le cadre d’une enquête visant le réseau de Jeffrey Epstein et les activités de Ghislaine Maxwell. Quelques mois auparavant, un grand jury avait même exigé de l’établissement qu’il fournisse l’ensemble des informations relatives aux comptes de cette dernière.

La question centrale demeure dès lors celle du respect des obligations légales. Les institutions financières sont tenues de signaler toute transaction suspecte et de surveiller étroitement les clients considérés à risque. Or, selon Reuters, il n’a pas été possible de déterminer si UBS avait effectivement signalé ce transfert aux autorités, comme l’exige la réglementation américaine.

Les documents consultés indiquent également que la banque gérait des avoirs conséquents pour Ghislaine Maxwell, pouvant atteindre jusqu’à 19 millions de dollars à leur apogée. Malgré les controverses entourant sa proximité avec Jeffrey Epstein la relation bancaire a perduré pendant plusieurs années. UBS lui avait même attribué deux gestionnaires dédiés, preuve d’un suivi étroit de ses actifs.

Ce maintien de la relation interroge d’autant plus que d’autres acteurs financiers avaient tiré la sonnette d’alarme. JPMorgan, par exemple, considérait dès 2011 Ghislaine Maxwell comme une cliente à haut risque. En dépit de ces signaux, UBS n’a mis fin à ses relations avec elle qu’en août 2019, soit après la mort d’Epstein, en lui laissant un délai d’un mois pour organiser ses affaires.

À ce stade, aucune infraction pénale n’a été retenue contre la banque suisse. UBS n’a pas souhaité commenter ces révélations. Mais ces nouveaux éléments illustrent une nouvelle fois les failles potentielles des dispositifs de contrôle dans le secteur financier, notamment face à des clients impliqués dans des affaires criminelles d’envergure internationale.

Condamnée en 2021 pour complicité dans les crimes sexuels commis par Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell purge actuellement une peine de 20 ans de prison. Son parcours, et les réseaux qui l’ont soutenue, continuent de susciter de nombreuses interrogations et, à mesure que les enquêtes progressent, de nouvelles zones d’ombre émergent.

Sources :

Blick – Article publié le 1er avril 2026 – lien

Reuters – Enquête citée dans l’article – (lien non fourni)

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