Le constructeur automobile chinois BYD, membre du Forum économique mondial a inauguré le 31 mars 2026 la ligne 17-Ouro du métro de Sao Paulo, son premier projet ferroviaire en dehors de la Chine. Ce monorail aérien, construit avec la technologie SkyRail du groupe, relie l’aéroport de Congonhas au réseau de métro de la ville en traversant huit stations sur 6,7 kilomètres. Une expansion qui illustre la stratégie internationale agressive du géant de Shenzhen.
La ligne 17-Ouro était initialement prévue pour la Coupe du monde de football 2014. Confiée à l’origine au malaisien Scomi Rail, le projet a longtemps piétiné : les engagements du premier constructeur n’ont pas été tenus et le contrat a été résilié en 2019. En 2020, BYD a repris le chantier à son compte, adaptant ses trains SkyRail à une infrastructure de rails déjà partiellement construite pour un autre type de monorail. Le groupe a dû revoir intégralement la conception de ses rames pour les rendre compatibles avec les poutres existantes.
Une technologie autonome et résiliente
Les 14 rames de cinq voitures, fabriquées à Shenzhen, fonctionnent sans conducteur humain à bord. Un centre de commande pilote l’ensemble du réseau en temps réel. Chaque rame embarque des batteries de conception BYD garantissant la traction entre deux stations même en cas de coupure de courant. La suspension pneumatique offre un niveau de confort proche d’un métro classique, avec une capacité de 616 passagers par rame. Le système est conçu pour des départs toutes les deux minutes, permettant à la ligne d’accueillir jusqu’à 250 000 passagers par jour.
Le Brésil, pilier de la stratégie internationale de BYD
Sao Paulo n’est qu’un premier jalon. Depuis juillet 2025, BYD dispose d’une usine d’assemblage automobile dans l’État de Bahia, déjà créditée de 100 000 commandes en provenance d’Argentine et du Mexique selon Stella Li, vice-présidente du groupe. Un centre de recherche sera également construit à Rio de Janeiro pour 300 millions de reais (environ 58 millions de dollars), avec une livraison prévue en 2028. Au-delà des voitures, BYD vend au Brésil des bus électriques et des camions, et exploite désormais un réseau de transport urbain.
Une internationalisation dictée par le recul du marché chinois
La stratégie d’expansion de BYD s’explique en partie par les difficultés rencontrées sur son marché domestique. Au premier trimestre 2026, les ventes de véhicules à énergie nouvelle du groupe ont chuté de 30 % en Chine, à 700 463 unités. En regard, les exportations ont progressé de 55,84 % sur un an pour atteindre 321 165 véhicules. Face à ce déséquilibre, BYD a relevé son objectif d’exportations pour 2026 à 1,5 million de véhicules, contre 1,3 million annoncé en début d’année. Le groupe propose par ailleurs sa technologie SkyRail à Los Angeles et dans plusieurs autres villes américaines.
BYD n’est plus seulement un constructeur automobile. En exportant son expertise ferroviaire à Sao Paulo, le groupe de Shenzhen confirme une ambition d’envergure mondiale qui dépasse largement la voiture électrique. Le Brésil n’est qu’une tête de pont dans une stratégie d’exportation massive qui cible désormais les infrastructures urbaines du monde entier.
Source : Les Numériques — lesnumeriques.com