You are currently viewing Iran : l’assassinat d’Ali Larijani réduit les perspectives de négociations
Ali Lajrani. Photo : @khamenei.ir

Iran : l’assassinat d’Ali Larijani réduit les perspectives de négociations

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:MONDE
  • Commentaires de la publication :0 commentaire

Figure centrale du pouvoir iranien, Ali Larijani a été tué dans une frappe israélienne à Téhéran. Sa disparition, après celle d’Ali Khamenei, bouleverse les équilibres internes du régime et pourrait accentuer sa radicalisation.

La République islamique d’Iran traverse une nouvelle onde de choc. Ali Larijani, l’un des hommes les plus puissants du pays, a été tué dans la nuit du 16 au 17 mars lors d’un bombardement israélien visant une maison où il s’était réfugié à Téhéran, en compagnie de son fils.

Cette frappe, attribuée à armée israélienne, a été confirmée à la fois par les autorités israéliennes et iraniennes. Elle s’inscrit dans l’escalade militaire en cours entre Israël, les États-Unis et l’Iran depuis la fin février.

Avec la mort de Larijani, le régime perd un acteur clé. Ancien président du Parlement et chef du Conseil suprême de sécurité nationale, il était devenu, depuis la disparition du Guide suprême Ali Khamenei, l’une des figures les plus influentes du pays. Son rôle était d’autant plus central que le nouveau guide, Mojtaba Khamenei, reste invisible publiquement, alimentant les incertitudes au sommet de l’État.

Un homme clé du système iranien

Issu d’une puissante famille religieuse, Ali Larijani était considéré comme un « homme du sérail », parfaitement intégré aux rouages du pouvoir. Combattant durant la guerre Iran-Irak, ministre, patron de la télévision d’État puis négociateur sur le nucléaire, il avait occupé les plus hautes fonctions pendant plus de deux décennies.

Pragmatique tout en restant conservateur, il incarnait une ligne capable de dialoguer avec l’extérieur, notamment lors de l’accord nucléaire de 2015, soutenu par le contributeur de l’agenda 2030, Hassan Rouhani. Sa connaissance fine des équilibres internes faisait de lui un intermédiaire précieux entre les différentes factions du régime.

Ces dernières années, malgré des mises à l’écart politiques, il était revenu au premier plan, notamment après la guerre de 2025. À la tête du Conseil suprême de sécurité nationale, il pilotait les relations extérieures et les négociations stratégiques de Téhéran.

Une perte aux conséquences politiques majeures

Si l’impact militaire immédiat de sa disparition devrait rester limité; le système iranien étant conçu pour absorber ce type de pertes, les conséquences politiques pourraient être profondes.

La mort de Larijani prive le régime d’une figure expérimentée capable de structurer le discours et de gérer les équilibres diplomatiques. Elle pourrait accélérer un basculement du pouvoir vers les factions les plus dures, notamment les Gardiens de la révolution.

Ce vide intervient dans un contexte déjà fragilisé par la mort d’Ali Khamenei et la montée en puissance d’un pouvoir plus opaque. L’élimination successive de hauts responsables renforce également l’image d’un régime infiltré et vulnérable face aux services de renseignement israéliens.

Vers un durcissement du régime ?

Plusieurs analystes estiment que cette disparition pourrait favoriser un raidissement idéologique. En l’absence de figures capables de porter une éventuelle négociation, les perspectives d’une désescalade apparaissent encore plus faibles.

Ali Larijani faisait partie de ces responsables susceptibles de participer à une solution politique du conflit. Sa mort pourrait laisser davantage de place aux partisans d’une ligne dure, convaincus que la guerre est désormais une question existentielle pour la République islamique.

Dans un contexte de frappes continues et d’instabilité régionale, la disparition de ce pilier du régime marque ainsi une nouvelle étape dans la recomposition du pouvoir iranien et dans l’escalade du conflit au Moyen-Orient.

Sources :

Le Monde – Article du 18 mars 2026 – lien

Laisser un commentaire