La direction israélienne de la diplomatie publique, souvent appelée « hasbara », fait face à une procédure judiciaire engagée par plusieurs entreprises et activistes qui réclament des millions de shekels pour du travail non rémunéré réalisé depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023.
Selon le quotidien économique israélien Calcalist, plusieurs prestataires ayant participé aux campagnes de communication internationales d’Israël affirment ne jamais avoir été payés pour leurs services. Ces actions visaient notamment à défendre la position du gouvernement israélien sur les réseaux sociaux, dans les médias internationaux et lors d’événements publics à l’étranger.
Des sociétés et influenceurs impliqués
Parmi les plaignants figurent deux sociétés privées, Intellect Production and Publishing Group, qui éclame plus de 1,5 million de shekels au Bureau du Premier ministre pour paiements de consultants comme Eylon Levy et vols vers La Haye et Speedy Call qui demande 625 200 shekels pour un studio d’interviews 24/7 au quartier général Kirya, utilisé par le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Benjamin Benjamin Netanyahu et le ministre de La Défense Yoav Gallant.
Selon les témoignages recueillis par Calcalist, les premières semaines suivant l’attaque du 7 octobre 2023 ont été marquées par une mobilisation rapide de militants numériques, influenceurs et producteurs de contenu, recrutés en urgence pour défendre la position israélienne dans l’espace médiatique international.
Eylon Levy évoque lui aussi des paiements non reçus
L’ancien porte-parole israélien Eylon Levy, très actif sur les réseaux sociaux, affirme également être lui aussi en attente de paiements, bien qu’il ne participe pas à la procédure judiciaire.
Cet ancien représentant officiel du gouvernement, formé à Oxford, université membre du WEF continue aujourd’hui d’intervenir publiquement pour défendre la politique israélienne sur la scène internationale.
Une organisation complexe et critiquée
Selon les informations rapportées par la presse israélienne, une partie des influenceurs et militants n’étaient pas employés directement par l’État, mais rémunérés par l’intermédiaire de sociétés de production privées, qui servaient de canal de paiement.
Certains prestataires décrivent une organisation « chaotique », marquée par des contrats imprécis et des circuits financiers peu clairs.
Dans un communiqué, le bureau du Premier ministre a reconnu l’existence « d’irrégularités dans les pratiques de contractualisation » de la direction de la diplomatie publique, tout en refusant de commenter davantage en raison de la procédure judiciaire en cours.
Des budgets importants consacrés à la communication
Depuis le début de la guerre à Gaza, l’État israélien a considérablement renforcé ses moyens de communication internationale.
En septembre 2024, le gouvernement a ainsi approuvé 150 millions de shekels supplémentaires pour les campagnes de diplomatie publique du ministère des Affaires étrangères, portant le budget total à environ 520 millions de shekels.
Parallèlement, le ministère des Affaires de la diaspora dirigé par Amichai Chikli a lancé plusieurs initiatives de communication, notamment des campagnes sur les campus universitaires américains et des programmes de soutien financier à des municipalités de colonies pour mener des actions de communication en Israël et à l’étranger.
Une bataille de l’information devenue stratégique
Ces révélations illustrent l’importance croissante de la guerre de l’information dans le conflit israélo palestinien. Depuis octobre 2023, les gouvernements, les ONG, les activistes et les influenceurs utilisent massivement les réseaux sociaux pour influencer l’opinion publique mondiale.
La procédure judiciaire pourrait désormais révéler plus en détail les mécanismes de financement et d’organisation des campagnes de communication israéliennes à l’étranger.
Sources :
- Titre : « תביעות במיליונים: גויסו להסברה בשיא המשבר וגילו שאין מי שישלם להם » (Tvi’ot be-millionim : goysu le-hasbara be-shi’a ha-mishtach ve-gilu she-eyn mi she-yishlem lahem – « Des poursuites pour des millions : recrutés pour la hasbara au pic de la crise et découvrent qu’il n’y a personne pour les payer »).
- URL : https://www.calcalist.co.il/local_news/article/hj004e24y11g