Deux chercheurs travaillant pour les National Institutes of Health (NIH) ont été inculpés par la justice américaine selon une plainte pénale rendue publique le 2 juin devant le tribunal de district américain pour avoir introduit illégalement sur le territoire américain des échantillons inactivés du virus mpox, anciennement appelé variole du singe. L’affaire suscite une vive réaction des autorités en raison du contexte sanitaire entourant cette maladie et du profil des personnes impliquées.
Les deux scientifiques mis en cause sont Vincent Munster, 53 ans, citoyen néerlandais, et Claude Kwe, 38 ans, citoyen camerounais. Tous deux travaillent au sein du laboratoire de haute sécurité biologique Rocky Mountain Laboratories, dans le Montana.
Selon les documents judiciaires, les deux hommes étudient les agents pathogènes émergents dans un laboratoire de niveau de biosécurité 4 (BSL-4), le niveau de confinement le plus élevé existant pour la recherche sur les virus dangereux pour l’homme.
Une découverte à l’aéroport de Detroit
Les faits remontent au 25 janvier 2026. Les deux chercheurs arrivaient à l’aéroport métropolitain de Detroit après un voyage ayant débuté à Brazzaville, en pleine période de circulation du virus mpox dans le pays.
Lors d’un contrôle effectué par les agents des douanes américaines, les scientifiques auraient affirmé transporter du matériel de diagnostic et de test. Les autorités ont cependant procédé à une inspection approfondie de leurs bagages.
Les enquêteurs affirment avoir découvert 113 fioles conservées dans des glacières en polystyrène. Parmi les 20 premiers échantillons analysés par le FBI, 17 contenaient du virus mpox inactivé, un contenait le virus de la varicelle et deux autres uniquement de l’ADN humain.
Des accusations de contrebande et de fausses déclarations
Les procureurs fédéraux accusent les deux chercheurs d’avoir introduit ces échantillons sans respecter les procédures réglementaires requises pour le transport international de matériel biologique.
Ils sont poursuivis pour : complot en vue de faire entrer illégalement du matériel biologique aux États-Unis et fausses déclarations aux autorités fédérales.
S’ils sont reconnus coupables, ils encourent jusqu’à cinq ans d’emprisonnement chacun.
Un virus inactivé mais une affaire sensible
Les autorités précisent que les échantillons découverts contenaient du virus mpox désactivé, c’est-à-dire rendu incapable de se reproduire ou de provoquer une infection dans les conditions normales d’utilisation scientifique.
Toutefois, les procureurs estiment que le problème réside moins dans la dangerosité immédiate des échantillons que dans le non-respect des règles de transport et de déclaration de matériel biologique.
Le procureur fédéral Jerome F. Gorgon Jr. a dénoncé le fait que des spécialistes des agents pathogènes aient transporté ces fioles à bord d’un vol commercial reliant l’Afrique aux États-Unis.
Qu’est-ce que le mpox ?
Le mpox est une maladie virale qui provoque généralement : de la fièvre ; des ganglions lymphatiques gonflés ; des douleurs musculaires ; une grande fatigue ; une éruption cutanée parfois très douloureuse.
Les lésions apparaissent souvent sur le visage, les mains ou d’autres parties du corps. Certaines peuvent également toucher la bouche ou les zones génitales.
Depuis l’épidémie mondiale de 2022, le mpox fait l’objet d’une surveillance renforcée par les autorités sanitaires internationales, notamment l’Organisation mondiale de la santé.
Une procédure judiciaire en cours
Les deux chercheurs devaient comparaître volontairement devant un tribunal fédéral du Montana avant leur transfert vers le Michigan, où l’affaire sera jugée.
À ce stade, les accusations portent sur les modalités de transport et de déclaration des échantillons biologiques. Aucun élément rendu public par les autorités n’indique que les fioles contenaient un virus actif ou qu’il existait un risque immédiat pour les passagers du vol concerné.
L’enquête fédérale se poursuit afin de déterminer précisément les circonstances dans lesquelles ces échantillons ont été transportés depuis la République du Congo vers les États-Unis.
Sources : USA TODAY, CNN, US News
