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Epstein Files : comment JP Morgan a travaillé avec Jeffrey Epstein sur un projet lié à Bill Gates

Des documents judiciaires rendus publics aux États-Unis révèlent plusieurs échanges de 2011 entre des dirigeants de JPMorgan, la banque membre du Forum économique mondial et Jeffrey Epstein autour de la création d’un fonds philanthropique complexe, le Global Health Investment Fund lié à l’écosystème du contributeur de l’agenda 2030 du FEM, Bill Gates. Ces courriels ne démontrent aucune illégalité, mais éclairent le rôle central confié à Epstein dans la conception d’une architecture financière de grande ampleur, notamment orientée vers le financement des vaccins.

Ces échanges, référencés notamment sous les cotes EFTA00904739 et JPM-SDNY-00001647 dans les archives judiciaires américaines associées à l’affaire Epstein, ne démontrent aucune illégalité. Ils éclairent toutefois le rôle structurant confié à Epstein dans la conception d’une architecture financière de grande ampleur, pensée comme une plateforme pérenne, scalable et internationalisée, à la frontière entre philanthropie et ingénierie financière.

Quand JPMorgan sollicite Epstein

Avant même que n’apparaissent dans les courriels des expressions telles que « argent pour les vaccins » ou « bras offshore », l’affaire débute par un questionnaire. Un document qui, à lui seul, révèle le rapport de force.

Le 17 février 2011, Juliet Pullis, cadre de JPMorgan travaillant sous l’autorité du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Jes Staley, adresse à Jeffrey Epstein un courriel contenant une liste structurée de questions. Elle précise que celles-ci proviennent de « l’équipe JPM qui assemble des idées pour Gates » et qu’elles lui ont été transmises à la demande directe de Staley, Chief Executive Officer de la division Investment Bank de JPMorgan.

Les questions sont techniques, opérationnelles et relèvent d’un stade de conception avancé : objectifs des sponsors, importance de l’anonymat, rôle exact de la banque (conseil ou exécution), gouvernance des investissements, pilotage des subventions, plateforme technologique attendue, architecture juridique globale.

Il ne s’agit pas d’une prise de contact exploratoire. Une grande banque de Wall Street sollicite un interlocuteur déjà condamné en 2008 pour crimes sexuels afin de définir l’architecture d’un fonds lié à l’univers philanthropique de Bill Gates. JPMorgan ne propose pas à Epstein un rôle secondaire. Elle lui demande de concevoir la structure.

Epstein, architecte du dispositif

La réponse d’Epstein, envoyée le soir même, est fluide et détaillée. Il décrit un fonds orienté par les donateurs, doté d’un « conseil d’administration stellaire », séparant comité d’investissement et comité de distribution. Il fait référence au Giving Pledge, initiative Gates-Buffett par laquelle des milliardaires s’engagent à donner plus de la moitié de leur fortune, et souligne un paradoxe central : ces capitaux existent, mais leurs détenteurs « n’ont aucune idée réelle de la façon de les donner ».

Surtout, Epstein définit le rôle de JPMorgan en des termes qui dépassent largement le conseil : la banque doit être une « partie intégrante », non pas comme conseillère, mais comme opérateur chargé de la conformité, de l’administration et de l’exécution. Autrement dit, JPMorgan est pensée comme l’épine dorsale opérationnelle du dispositif.

La réaction de Jes Staley tient en deux mots, envoyés le lendemain : « Il faut qu’on parle. » Sans constituer une validation formelle, cette réponse confirme que les propositions d’Epstein sont prises au sérieux et remontent immédiatement à un niveau hiérarchique élevé.

« Plus d’argent pour les vaccins »

Cinq mois plus tard, en juillet 2011, Jeffrey Epstein adresse un nouveau courriel interne à Jes Staley, en mettant en copie Boris Nikolic, conseiller scientifique de Bill Gates et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial. Il y annonce la livraison prochaine d’une présentation complète du projet de donor-advised fund, intégrant contraintes légales, structuration en silos, stratégie de communication, architecture internet, gouvernance multi-comités et implications internationales.

Au cœur de ce message, une phrase se détache : « Une proposition basée sur des silos qui permettra à Bill d’obtenir plus d’argent pour les vaccins. »

Le vocabulaire est révélateur. Il n’est pas question de recherche fondamentale, de préparation sanitaire ou de résilience des systèmes de santé. Le cœur de l’argument est la formation de capital. Le vaccin apparaît comme l’axe structurant et la justification narrative du montage financier.

L’escalade opérationnelle

Le 17 août 2011, Mary Erdoes, dirigeante de la gestion de fortune et de l’asset management chez JPMorgan, mais aussi contributrice de l’agenda 2030 du Forum économique mondial écrit directement à Epstein depuis le Colorado. Elle le questionne sur le rôle de la Fondation Gates, membre du WEF, le profil des donateurs, l’anonymat, la mutualisation des investissements, les montants attendus et le calendrier de lancement.

La réponse d’Epstein arrive en quelques minutes. Il décrit un modèle proche d’un fonds commun, organisé en silos, permettant aux donateurs de choisir des portefeuilles personnalisés. Puis il introduit un élément central : la nécessité d’un « bras offshore », « surtout pour les vaccins ».

Il évoque des projections financières ambitieuses, parlant de milliards de dollars dès les premières années et de dizaines de milliards à moyen terme. Le calendrier, précise-t-il, dépend essentiellement de la capacité de JPMorgan à mettre en place l’infrastructure juridique, numérique et humaine. Le fonds est conçu pour durer « en perpétuité », avec des mécanismes de succession intégrés.

Gagner de l’argent avec une organisation caritative

Dans un courriel de suivi daté du 28 août 2011, Epstein pousse encore plus loin la logique. Le fonds envisagé serait initialement lié au programme Gates, avec un ticket d’entrée de cent millions de dollars et une échelle projetée pouvant atteindre cent milliards. La gestion des investissements serait en partie externalisée à Highbridge, hedge fund affilié à JPMorgan.

C’est dans ce message qu’apparaît la phrase la plus explicite : « La tension est de gagner de l’argent avec une organisation caritative. Par conséquent, les parties génératrices d’argent doivent être à distance. »

Epstein ne nie pas la contradiction. Il la formule clairement et propose une solution : non pas supprimer la logique de profit, mais la séparer juridiquement pour en préserver l’acceptabilité.

Les donor-advised funds, outil légal mais opaque

Les donor-advised funds ne sont ni illégaux ni marginaux. Ils permettent aux donateurs de bénéficier immédiatement d’avantages fiscaux tout en conservant une influence sur l’allocation future des fonds. Les grands fonds de pensions américains comme Fidelity ou Vanguard proches du FEM exploitent ce systême à grande échelle.

Ce qui distingue le projet documenté ici, c’est l’échelle envisagée, sa durée perpétuelle, la flexibilité offshore et l’intégration assumée de stratégies d’investissement génératrices de rendement. Dans ce cadre, la frontière entre philanthropie et ingénierie financière devient difficile à tracer, et la distribution caritative peut être différée indéfiniment.

Le document de briefing de 2013 de la Fondation Gates illustre la maturation d’une logique d’investissement d’impact déjà esquissée en 2011. Il présente le Global Health Investment Fund comme un véhicule visant le développement de vaccins et de médicaments tout en générant des rendements financiers de cinq à sept pour cent, avec restitution intégrale du capital investi. Le mécanisme central repose sur une garantie couvrant une large part du risque, apportée par des fonds philanthropiques et publics, permettant aux investisseurs privés de participer avec une exposition limitée aux pertes. Cette architecture révèle une logique de finance pandémique où le risque est largement socialisé, tandis que la rentabilité potentielle demeure privée, transformant les outils de santé mondiale en actifs investissables conçus pour attirer le capital.

Lors du lancement du Global Health Investment Fund qui s’est déroulé le 23 septembre 2023 figuraient les contributeurs de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Bill Gates, Jamie Dimon, Trevor Mundel, Gabrielle Fitzgerald, Jamie Cooper, Charlotte Petri, Ursula Mueller et Peter Singer.

Sources :

Documents judiciaires américains – Dossiers Epstein rendus publics (références EFTA00904739, JPM-SDNY-00001647) – https://www.documentcloud.org

Subsatck de Sayer Ji.

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