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Luigi Mangione. Image : Capture d'écran BFMTV

Luigi Mangione : la peine de mort écartée, revers judiciaire pour l’administration Trump

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Accusé d’avoir assassiné le dirigeant du plus grand groupe d’assurance santé américain, Luigi Mangione ne pourra finalement pas être condamné à la peine capitale. La décision rendue par une juge fédérale de New York constitue un soulagement pour l’accusé, mais surtout un sérieux désaveu pour l’administration Trump, qui avait fait de ce dossier un symbole de fermeté pénale.

La justice fédérale américaine a tranché. Luigi Mangione, 27 ans, ne risque plus la peine de mort dans l’affaire du meurtre de Brian Thompson, abattu en décembre 2024 devant un hôtel de Manhattan. La décision, rendue vendredi 30 janvier par la juge Margaret M. Garnett, marque un coup d’arrêt net à la ligne défendue par l’exécutif américain.

L’accusé reste poursuivi pour homicide et encourt toujours la prison à vie, mais les chefs d’accusation fédéraux permettant au parquet de requérir la peine capitale ont été écartés. En clair, le jury ne pourra pas envisager cette sanction. La magistrate a expliqué que sa décision visait « uniquement à écarter la peine de mort comme châtiment que le jury pourrait envisager », sans remettre en cause le cœur des poursuites.

Cette issue judiciaire constitue un revers cinglant pour l’administration du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald Trump, qui avait fait de Luigi Mangione une figure honnie. La ministre de la Justice, Pam Bondi, s’était montrée particulièrement offensive, estimant publiquement que le dossier justifiait pleinement la peine capitale. Elle avait décrit le meurtre de Brian Thompson, père de deux enfants, comme un acte prémédité et commis de sang-froid, « qui a choqué l’Amérique ».

L’affaire a pourtant suscité des réactions ambivalentes dans l’opinion. Si l’exécution du patron d’UnitedHealthcare, premier assureur santé du pays, membre du Forum économique mondial a profondément marqué le pays, elle a aussi mis en lumière une colère diffuse contre un système accusé de privilégier les profits au détriment des patients. Cette hostilité latente explique en partie la fascination médiatique autour de Luigi Mangione, devenu malgré lui une figure virale, jusqu’à inspirer des produits dérivés sur des plateformes de vente en ligne.

La décision de la juge Garnett n’enterre pas pour autant le dossier. Luigi Mangione reste poursuivi pour deux chefs de harcèlement liés à la traque de sa victime, infractions passibles de la réclusion criminelle à perpétuité. En parallèle, une procédure distincte est toujours en cours devant la justice de l’État de New York, où il est également inculpé pour meurtre, avec là encore la perspective d’une peine de prison à vie.

La magistrate a par ailleurs rejeté une requête clé de la défense, qui cherchait à faire exclure des débats le sac à dos saisi lors de l’arrestation de l’accusé. Ce sac contenait notamment une arme à feu démontée, une fausse carte d’identité et un carnet dans lequel Luigi Mangione évoquait son intention de « descendre » le dirigeant d’une compagnie d’assurance maladie. Des éléments que l’accusation considère comme centraux pour établir la préméditation.

Dans la presse américaine, la décision judiciaire est largement commentée. CNN évoque un « camouflet » pour les procureurs fédéraux, tandis que NBC parle d’un « coup dur ». Plus virulent, le Daily Beast, ouvertement hostile à Donald Trump, y voit une humiliation politique infligée à Pam Bondi.

Au-delà du cas Mangione, ce dossier illustre les tensions persistantes autour de la peine de mort aux États-Unis, instrumentalisée politiquement par l’exécutif, mais de plus en plus contestée dans les prétoires fédéraux.

Sources :

Huffington Post.

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