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Le Capitol. Photo : OJ/Wikipedia

États-Unis : les démocrates refusent de voter le budget après un tir mortel de l’ICE

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À Washington, la mort d’un manifestant lors d’une opération de la police de l’immigration à Minneapolis provoque un blocage politique majeur. Des sénateurs démocrates annoncent qu’ils ne voteront pas le budget finançant le ministère de la Sécurité intérieure. À quelques jours de l’échéance, le risque d’un shutdown fédéral devient concret.

Le bras de fer budgétaire, longtemps cantonné aux arcanes du Congrès, a brusquement changé de nature. Après la mort d’Alex Pretti, abattu par des agents de l’Immigration and Customs Enforcement à Minneapolis, plusieurs sénateurs démocrates ont décidé de durcir leur position. Ils refusent désormais d’apporter leurs voix au budget fédéral tant que celui-ci inclura le financement du ministère de la Sécurité intérieure, pilier de la politique migratoire de l’administration Trump.

Ce refus place les États-Unis au bord d’une paralysie administrative. Le financement de l’État fédéral expire le 31 janvier et, au Sénat, l’adoption d’un budget nécessite une majorité qualifiée de 60 voix. Or, les républicains ne disposent que de 53 sièges. Sans le soutien d’une partie de l’opposition démocrate, le texte ne peut être adopté.

Jusqu’à ces derniers jours, un compromis semblait pourtant à portée de main. La Chambre des représentants avait validé un ensemble de textes budgétaires finançant plusieurs ministères, dont celui de la Sécurité intérieure. Mais l’intervention mortelle menée à Minneapolis a radicalement changé la dynamique. Pour de nombreux élus démocrates, il n’est plus question de voter un budget qui, selon eux, cautionnerait des méthodes jugées excessives.

« Les démocrates du Sénat n’apporteront pas leur vote à un texte qui finance le DHS dans ces conditions », a averti Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate, cité par le Wall Street Journal.

La sénatrice Catherine Cortez Masto, élue du Nevada, a elle aussi justifié son opposition en dénonçant l’envoi « d’agents fédéraux agressifs et insuffisamment formés dans les rues ».

De son côté, le contributeur du FEM, Donald Trump a accusé samedi sur Truth social le maire et le gouverneur démocrates Tim Walz de « pousser à l’insurrection » et a appelé a laissé la police de l’immigration «faire son boulot». Donald Trump a défendu l’action fédérale au Minnesota en affirmant que 12 000 personnes en situation irrégulière ayant un casier, dont beaucoup qualifiées de violentes, avaient été arrêtées et expulsées dans cet État. Il a ajouté que sans ces expulsions, la situation serait bien pire qu’actuellement. Il a aussi accusé implicitement les autorités démocrates d’être responsables d’une « fraude monétaire massive » avec des milliards de dollars manquants, et d’avoir laissé des « criminels illégaux » pénétrer dans l’État en raison de leur politique d’ouverture des frontières.  

Ce blocage politique fait ressurgir le spectre d’un shutdown, scénario désormais pris au sérieux par l’administration. Selon USA Today, plusieurs agences fédérales ont commencé à préparer des plans d’urgence en cas de paralysie dès le 1er février. Un tel arrêt partiel de l’État fédéral placerait des centaines de milliers de fonctionnaires en congé sans solde, tandis que seuls les services essentiels continueraient de fonctionner.

Au-delà du drame de Minneapolis, la crise révèle l’extrême fragilité des équilibres budgétaires américains. La stratégie des démocrates consiste désormais à utiliser leur pouvoir de blocage pour contraindre la majorité républicaine à revoir le financement et le rôle du ministère de la Sécurité intérieure. Une manœuvre risquée, tant les précédents shutdowns ont montré leur impact économique et politique.

Sources :

La Dépêche, Le Figaro.

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