Le président américain et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump précise les contours de son très controversé « Conseil de paix », une nouvelle instance internationale qu’il entend présider lui-même. Selon un projet de charte révélé par l’AFP, l’accès à un siège permanent serait conditionné au versement d’un milliard de dollars en espèces. Une initiative qui s’affranchit largement du cadre onusien et suscite déjà de vives interrogations diplomatiques.
Pensé à l’origine pour encadrer la reconstruction de Gaza, le « Conseil de paix » voulu par Donald Trump prend une dimension bien plus large. Le texte fondateur de cette future organisation internationale, long de huit pages et consulté par l’Agence France-Presse, ne mentionne plus explicitement le territoire palestinien. Il assigne désormais à cette instance l’objectif général de contribuer à la résolution des conflits armés à travers le monde et de garantir, selon ses termes, une « paix durable ».
Mais c’est surtout le modèle de gouvernance et de financement imaginé par le président américain qui retient l’attention. D’après plusieurs médias dont Bloomberg et Times of Israel, les États candidats à un siège permanent devront s’acquitter d’un ticket d’entrée de « plus d’un milliard de dollars », payable « en espèces ». Cette contribution conditionnerait la durée du mandat. Les pays qui ne verseraient pas cette somme ne pourraient siéger que pour une période maximale de trois ans, renouvelable uniquement à la discrétion du président du Conseil, en l’occurrence Donald Trump.
La charte prévoit en effet des pouvoirs particulièrement étendus pour le chef de l’exécutif américain. Donald Trump serait le premier président du Conseil de paix, avec la capacité exclusive d’inviter ou d’exclure les États membres. Il disposerait également d’un droit de regard sur l’ensemble des votes, et ne pourrait être contredit que par un veto réunissant une majorité des deux tiers des États participants. Seuls les pays expressément conviés par Washington seraient autorisés à rejoindre cette instance.
Le texte assume par ailleurs une critique frontale des institutions existantes. Il fustige des « approches et institutions qui ont trop souvent échoué », une allusion à peine voilée aux Nations unies, et appelle à s’en écarter au profit d’une organisation jugée « plus agile et plus efficace ». Une remise en cause directe du multilatéralisme traditionnel, au moment même où l’ONU tente de renforcer son rôle dans la gestion des crises internationales.
Plusieurs invitations ont déjà été envoyées. Le Kremlin a confirmé que le président russe Vladimir Poutine avait été contacté par voie diplomatique. D’autres dirigeants proches de Donald Trump, comme le président argentin et contributeur du FEM, Javier Milei ou le Premier ministre hongroisViktor Orban, ont également annoncé avoir reçu une invitation.
Hasard du calendrier, cette initiative intervient alors que Donald Trump a récemment exprimé son amertume après l’échec de sa candidature au prix Nobel de la paix 2025. Dans un message adressé au Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre, il a déclaré ne plus se sentir tenu de penser « uniquement à la paix », affirmant avoir mis fin à « plus de huit guerres » sans reconnaissance internationale. Une déclaration à l’image d’un projet diplomatique qui, par son fonctionnement et son coût, divise déjà profondément.
Sources :
TF1 Info – Article publié le 19 janvier 2026 – lien
Agence France-Presse – Dépêche du 19 janvier 2026