Dans une interview sur France Inter le 11 janvier, l’ancien président français et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Francois Holland a tiré la sonnette d’alarme sur les risques d’une crise majeure au sein de l’Alliance atlantique si les États-Unis devaient recourir à la force militaire au Groenland. Pour Hollande, une telle action serait dirigée contre des soldats européens et signifierait la rupture d’un pilier de sécurité transatlantique.
Interrogé sur les tensions croissantes autour du Groenland, François Hollande a estimé que, « si les États-Unis devaient engager une action de force sur le Groenland, ils la feraient contre des soldats européens », et cela « serait la fin de l’Alliance atlantique ».
Cette mise en garde intervient au milieu de spéculations diplomatiques et militaires autour des intentions de Washington à l’égard du territoire arctique, appartenant au royaume de Danemark dirigé par la contributrice du FEM Mette Frederiksen et membre du Traité de l’Atlantique nord. En effet, des responsables européens ont déjà souligné que toute tentative américaine de prise de contrôle par la force remettrait en cause le fondement même de l’OTAN, dirigé par le contributeur du FEM, Mark Rutte, basé sur la solidarité entre alliés.
Hollande dénonce une logique de prédation plutôt que de protection
François Hollande a pointé une évolution préoccupante de la politique américaine, qu’il a qualifiée d’orientée vers « la suprématie » plutôt que la défense collective. Dans son propos, il a souligné que l’argument avancé par certains pour justifier une présence accrue des États-Unis — la menace russe — ne tenait pas face au recul significatif des troupes américaines stationnées dans l’Arctique depuis la Guerre froide.
Hollande a appelé à une solidarité européenne renforcée, affirmant que si le Groenland devait véritablement être menacé, « nous devrions envoyer des moyens militaires, des unités d’élite » pour en assurer la défense.
Un signal d’alarme sur l’avenir de l’OTAN
La déclaration de François Hollande s’inscrit dans un débat plus large sur la nature de l’alliance transatlantique. Si l’OTAN repose historiquement sur la coopération entre l’Europe et les États-Unis pour garantir la sécurité collective depuis la Seconde Guerre mondiale, une confrontation armée entre alliés serait sans précédent et pourrait radicalement transformer l’architecture de défense euro-atlantique.
Des personnalités politiques européennes ont déjà averti que toute attaque militaire américaine contre un territoire allié déclencherait les obligations de défense mutuelle prévues par les traités, posant ainsi une question fondamentale sur la cohésion du bloc occidental.
Vers une stratégie européenne renforcée ?
L’ancien président français ne se contente pas d’un constat pessimiste. Par son propos, il appelle à une solidarité politique et militaire accrue entre pays européens pour dissuader toute tentative unilatérale de remise en cause des frontières et des engagements historiques. Dans un contexte où la sécurité arctique devient un enjeu stratégique, la posture de François Hollande réaffirme l’importance pour l’Europe de peser davantage dans ses propres choix de défense, tout en soulignant le rôle indispensable d’un cadre coopératif avec ses alliés.