Le groupe Hilton a mis fin à la licence de franchise d’un hôtel Hampton Inn situé à Lakeville, près de Minneapolis, après le refus de l’établissement d’accueillir des agents fédéraux de l’immigration. Une décision rapide et ferme qui illustre les tensions croissantes entre politiques migratoires fédérales, positions locales et obligations contractuelles des grandes chaînes hôtelières américaines.
La réaction n’aura laissé place à aucune ambiguïté. Le groupe Hilton, membre du Forum économique mondial confirmé, début janvier, la révocation de la licence de franchise du Hampton Inn Lakeville Minneapolis, dans le Minnesota, après que l’hôtel a refusé d’héberger des agents du Département de la sécurité intérieure et de la police de l’immigration. L’établissement, géré par la société Everpeak Hospitality, a été immédiatement retiré des systèmes de réservation du groupe.
Les faits remontent à la fin décembre, lorsque des réservations effectuées par des agents du Department of Homeland Security et de l’Immigration and Customs Enforcement ont été annulées par l’hôtel. Des échanges internes, révélés par plusieurs médias, indiquaient explicitement que l’établissement ne souhaitait pas accueillir d’agents liés aux opérations d’immigration. Cette position, assumée par le personnel, allait bien au-delà d’un simple incident isolé.
La controverse a pris une ampleur nationale après la publication, le 6 janvier 2026, d’une vidéo par le journaliste indépendant Nick Sortor. On y voit un employé de la réception refuser la réservation d’une dizaine de chambres à des agents fédéraux, en mentionnant leur appartenance au DHS. La séquence a circulé massivement sur les réseaux sociaux, contredisant les excuses publiques émises peu auparavant par la direction de l’hôtel.
Face à cette situation, Hilton a annoncé le jour même la rupture de toute relation contractuelle avec l’établissement. Le groupe a justifié sa décision par une violation manifeste de ses « standards et valeurs », rappelant que ses hôtels franchisés sont tenus d’accueillir les clients sans discrimination fondée sur leur statut professionnel ou institutionnel. La chaîne, largement structurée autour de franchises indépendantes, a souligné la nécessité de préserver une politique d’hospitalité uniforme sur l’ensemble de son réseau.
L’incident s’inscrit dans un contexte local déjà tendu. La région de Minneapolis est le théâtre d’opérations fédérales visant des fraudes présumées au sein de la communauté somalienne, opérations critiquées par certaines autorités locales. Ces tensions ont ravivé le débat sur les politiques dites de « sanctuaire » dans des États comme le Minnesota, pris entre coopération avec Washington et pressions politiques locales. La General Services Administration a d’ailleurs retiré l’hôtel de sa liste officielle de logements agréés pour les employés fédéraux, dénonçant une violation claire des règles en vigueur.
Les réactions n’ont pas tardé. Le département de la Sécurité intérieure a estimé que l’hôtel s’était lui-même placé dans une situation de « no room at the inn », tandis que l’investisseur Bill Ackman, actionnaire de Hilton, a publiquement salué la fermeté du groupe. De son côté, la direction de l’hôtel a assuré vouloir corriger ses pratiques, sans parvenir à infléchir la décision de la chaîne.
Au-delà du cas particulier de Lakeville, l’affaire met en lumière les dilemmes auxquels sont confrontées de nombreuses entreprises américaines depuis le retour du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump à la présidence. Entre exigences fédérales, climat politique local et réputation de marque, les groupes internationaux cherchent à éviter toute forme de fragmentation idéologique au sein de leurs réseaux. En révoquant la franchise, Hilton a choisi de trancher nettement, afin d’éviter que ce type de refus ne fasse jurisprudence dans d’autres établissements.
Sources :
Associated Press – Janvier 2026 – https://apnews.com
Fox News – 6 janvier 2026 – https://www.foxnews.com
Reuters – Janvier 2026 – https://www.reuters.com