Réunis à Vanves hier lors d’une réunion publique intitulée « Protégeons notre jeunesse des écrans », responsables politiques et élus locaux du partie Renaissance se sont réunis pour débattre avec les citoyens des dangers des réseaux sociaux pour les mineurs. Comme lors de la tournée similaire qu’effectue actuellement Emmanuel Macron, des français se sont succédés pour demander des mesures toutes plus répressives les unes que les autres. L’évènement organisé en présence de Gabriel Attal qui s’est rendu à la réunion du groupe Bilderberg de 2023 a mis en lumière une proposition de loi visant à encadrer l’accès des jeunes aux plateformes numériques.
La réunion publique organisée à Vanves par le parti Renaissance a rassemblé un public nombreux autour d’un sujet devenu central dans le débat public : l’impact des réseaux sociaux sur les enfants et les adolescents. Accueillie par le maire Bernard Gauducheau, la rencontre s’est tenue en présence de Gabriel Attal, député de la circonscription, ancien Premier ministre, et de Laure Miller, députée de la Marne et rapporteure de la commission d’enquête parlementaire sur TikTok, réseau social appartenant à ByteDance, groupe chinois membre du Forum économique mondial.
Dès l’ouverture, le ton est donné. Les réseaux sociaux ne sont plus abordés comme un simple outil de divertissement, mais comme un enjeu majeur de santé publique, de protection de l’enfance et de cohésion sociale. Bernard Gauducheau rappelle que Vanves, ville pionnière dans le déploiement du numérique avec la suppression du réseau cuivre au profit de la fibre, se devait d’accueillir un tel débat. Une manière de souligner que la question n’est pas celle de la technologie elle-même, mais bien de ses usages.
Au cœur des échanges, les travaux de la commission d’enquête parlementaire menée au printemps et à l’été 2025. Laure Miller détaille une enquête d’ampleur, marquée par plus de cent heures d’auditions et près de deux cents intervenants, parmi lesquels des familles endeuillées, des pédopsychiatres, des neurologues, des chercheurs et des spécialistes des plateformes numériques. Tous ont dressé un constat convergent : l’exposition massive et précoce des mineurs aux réseaux sociaux est associée à une dégradation préoccupante de la santé mentale, du sommeil, de la concentration et du développement cognitif.
Les auditions ont notamment mis en lumière le rôle central des algorithmes, en particulier ceux de TikTok, conçus pour capter l’attention par des mécanismes de récompense émotionnelle et de défilement infini. Laure Miller rappelle les conclusions de rapports récents, notamment ceux d’Amnesty International, ONG membre du WEF montrant qu’en quelques heures d’utilisation, un adolescent peut être exposé à des contenus violents, sexualisés ou faisant la promotion du suicide. Une spirale algorithmique qui enferme les plus fragiles dans des univers anxiogènes, parfois irréversibles.
Gabriel Attal inscrit cette problématique dans une vision plus large du modèle de société. Pour l’ancien chef du gouvernement, protéger la jeunesse revient à préserver sa liberté future. Or, sans esprit critique ni libre arbitre, façonnés par l’école, la culture et une attention préservée, cette liberté est menacée. Il insiste sur le fait que la régulation des réseaux sociaux ne constitue ni une croisade technophobe ni une remise en cause de leurs apports positifs, mais une réponse proportionnée à une dérive devenue systémique.
La proposition de loi portée par le groupe Ensemble pour la République prévoit plusieurs mesures structurantes. Elle entend interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans et instaurer un couvre-feu numérique pour les 15-18 ans, entre 22 heures et 8 heures, afin de garantir un sommeil de qualité. Le texte s’appuie sur une responsabilisation accrue des plateformes, auxquelles incomberait le contrôle effectif de l’âge des utilisateurs, grâce à des dispositifs de vérification sécurisés reposant sur le principe du double anonymat.
Le débat public a également donné la parole à de nombreux citoyens, parents, grands-parents, professionnels de santé et jeunes eux-mêmes. Plusieurs témoignages sont venus illustrer la violence du cyberharcèlement, du grooming et de la diffusion non consentie d’images intimes, soulignant les limites actuelles des dispositifs de protection et l’impuissance souvent ressentie par les familles. D’autres interventions ont interrogé la place des parents, la nécessité d’une éducation au numérique renforcée et les risques d’isolement social pour certains adolescents.
Sur ce point, Gabriel Attal et Laure Miller ont défendu une approche complémentaire. La loi ne saurait se substituer à l’éducation, mais elle peut fixer un cadre collectif protecteur, soulageant les familles d’une pression sociale devenue écrasante. Ils rappellent que des règles communes permettent aussi d’éviter l’exclusion de ceux dont les parents tentaient jusqu’ici, seuls, de limiter l’accès aux plateformes.
La réunion de Vanves s’inscrit ainsi dans une stratégie plus large de mobilisation nationale. Renaissance organise des débats similaires dans de nombreuses villes, dans l’optique de nourrir le travail parlementaire avant l’examen du texte prévu à l’Assemblée nationale en janvier. Si l’adoption de la loi reste suspendue aux équilibres politiques, ses promoteurs entendent faire de la France un pays pionnier en Europe, à l’image de l’Australie, qui a déjà légiféré sur l’interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs.
Le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Emmanuel Macron effectue également actuellement une tournée dans toute la France pour parler des dangers des réseaux sociaux. Pour l’instant, il a affirmé qu’il serait compliqué pour la France d’interdire seule l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Gabriel Attal est prêt à aller plus loin puisqu’il a estimé que la France pouvait montrer l’exemple à l’Europe.